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« Ma fille Félix… »

 

 

     Vingt-quatrième lettre de l’alphabet, l’x    ou : le x   couvre plusieurs acceptions (… et non « acceptations », comme on le lit et l’entend trop souvent).

     Dans un texte imprimé, les noms des lettres doivent être mis en italique au sein d’un texte en caractère romain, et vice versa, évidemment. À défaut de changement de caractère, ils seront mis entre guillemets :  « l’axe des "x"… ». Dans un texte manuscrit ou dactylographié (le fameux « tapuscrit »), la mise en italique est traduite par le souligné.

      Ainsi, l’axe des x est l’axe sur lequel on mesure l’abscisse. Toujours avec une minuscule, x représente, en mathématiques, l’inconnue d’une équation ou une variable indépendante dont dépend une fonction…

      L’ X (ou : le X ) majuscule, qui reste en romain dans un texte en caractère romain*, ou en italique dans un texte en italique, car il ressort déjà suffisamment par l’emploi de la capitale, désigne les mathématiques en général. De là vient le surnom de l’École polytechnique : « Mon frère prépare X », « Ma fille fait l’X »… Cette dernière phrase, prononcée rapidement, provoque en général chez un interlocuteur ou parmi un auditoire un instant de perplexité… car, comme on s’attend, en principe, à « Ma fille fait X », cette « fille Félix » désarçonne ! La lettre constitue, aussi, le surnom donné à un(e) élève de Polytechnique (majuscule « par ellipse » à l’adjectif, quand il est employé seul) : « C’était un grand X à lunettes en écaille ».

     X*  est, par ailleurs, le chiffre romain équivalant à 10.

     « Cet enfant a les genoux en X ! » : entendez par là que le pauvre a les genoux tournés en dedans…

     « On a déposé une  plainte contre X… » : ne pouvant désigner plus précisément l’auteur d’un délit ou d’un crime, la formule consacrée est donc X  [l’inconnu(e)] , en majuscule, suivi des trois points de suspension. Même graphie lorsque l’on mentionne quelqu’un sans pouvoir, sans vouloir, donner son nom : « Mme X… prétend avoir été au cinéma, à la séance de 18 heures ». Parfois, si l’on ne veut pas donner le nom de la personne… mais néanmoins mettre sur la voie les chercheurs, ou les curieux, selon les cas, on écrit : « M. X. avait été interrogé dans le cadre d’un trafic de billets d’entrée au stade, dans les années 1950 »,  pour dire, par exemple, « M. Xébulon ». De la même façon, on écrira M. A., avec un seul point derrière l’authentique initiale, pour évoquer un « M. Alibaba », ou Mme B. au sujet d’une « Mme Bécassine », etc.

      La majuscule sera, encore, employée, sans qu’il y ait de changement de caractère, pour le chromosome X  et les rayons X.  Ainsi se termine cet abc sur le x…

                                                                          

                                                                                                                       Jean-Pierre Colignon

 

 

     

 

* La mise en italique du X n’est pas une incohérence :  la lettre étant, dans notre démonstration, prise ici comme un mot autonyme (c’est-à-dire citée en exemple, mais n’ayant pas un rôle dans la phrase), nous sommes obligé de faire le changement de caractère. Mais les exemples montrent bien que, dans les textes, on ne fait pas ce changement.

 

(Chronique parue dans le numéro 230 de Défense de la langue française, décembre 2008.)

 

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