CRITIQUES DE LIVRES
100 expressions à sauver (Bernard Pivot)
Après nous avoir convaincus de sauver cent mots* qui, déjà au purgatoire, étaient menacés de tomber dans les profondeurs hadales de l’Enfer du vocabulaire, Bernard Pivot se fait cette fois le preux chevalier de la langue française volant au secours de cent expressions. Des expressions qui, nous dit l’auteur, « vivent encore », mais qu’il faut « sauver du silence qui les écarte, de l’oubli qui les menace ».
Il est en effet attristant de constater que ces représentants de la verve populaire, de sa drôlerie, de son humour, de sa culture, sont de moins en moins utilisés, donc de moins en moins connus et compris. L’appauvrissement du vocabulaire est une des plaies de la langue française, et l’apport de mots issus de l’anglo-américain ou de la langue dite des banlieues ne saurait compenser la méconnaissance de centaines d’expressions, de locutions, de proverbes et d’allusions littéraires qui sont la mémoire de la sagesse, de la poésie, du savoir, du fonds culturel, de l’Histoire…
Notre fameux journaliste se donne donc pour but de maintenir en vie certaines de ces expressions menacées. Il a retenu ainsi, parce qu’elles étaient particulièrement plaisantes à ses yeux et à son oreille, des expressions très variées : « en deux coups de cuillère à pot », « c’est parti, mon kiki ! », « battre la breloque », « yoyoter de la touffe », « manger la grenouille »…Ne comptez pas sur nous pour vous en donner les significations : vous les trouverez encore, en principe, dans les bons dictionnaires, et aussi, commentées avec verve et alacrité, dans cet ouvrage plein de conviction.
La langue familière, la langue verte, les argots et jargons de métier, l’Histoire ont été donc convoqués par B. Pivot, qui en a tiré cette centaine d’expressions en quête de tonus linguistique : 100 expressions à sauver (éd. Albin Michel, coll. « Les Dicos d’or de Bernard Pivot », 12 euros). La lecture de ce petit livre allègre convaincra tout un chacun de la nécessité de connaître - et d’utiliser, au moins dans le langage courant - le « bouillon d’onze heures », « payer rubis sur l’ongle », « se moquer du tiers comme du quart » ou encore la « face de carême ».
*100 mots à sauver (éd. Albin Michel, coll. « Les Dicos d’or de Bernard Pivot).
J.-P.C.
De son importante production, nous mettrons en évidence, pour tous ceux qui ont de l'humour et qui aiment les traits d'esprit et les calembours, voire plus, les livres suivants, parus à l'Ecole des loisirs :
- Les Contes du miroir
- Les sorcières sont NRV
- L.F.H.E., la sorcière
- C'est enfantastique !
- Pas de panique !
- Le Métro méPAStro
Notre note (sur 5*) : 4*.
J.-P.C.
