photo: Hélène Gest
REPARTITION DES SCORES DE Q.I. (COURBE DE GAUSS)
Interview de Jeanne Siaud-Facchin (spécialiste de la précocité intellectuelle) par Hélène Gest (pour " VSD ")
http://www.vsd.fr/contenu-editorial/l-actualite/les-indiscrets/997-adultes-surdoues-le-cadeau-empoisonne
le Q.I.
http://www.bonjour-docteur.com/sante-qi-question-d-interpretation-45.asp?1=1
Il s’agit d’un problème de santé publique !
« On ne peut plus, ni sur un plan médical ni au niveau de l’Éducation nationale, négliger cette population sous des prétextes idéologiquement et politiquement correct, prétextes qui maintiennent le surdoué dans une représentation erronée et dangereuse. La formation est urgente car le nombre d’enfants et d’adolescents surdoués en grande souffrance psychologique est inadmissible. On peut prévenir une bonne partie de ces troubles. L’intelligence ne doit plus faire peur à ceux qui l’observent. La différence doit être tolérée qu’elle que soit la nature ou le sens de cette différence. » (Jeanne Siaud-Facchin)
Pourquoi notre société conserve-t-elle une vision aussi partiale et pseudo-égalisatrice, en décidant qu’il est malsain de prêter un peu d’empathie aux enfants qui osent montrer trop tôt leur goût pour le savoir ???
SURDOUE ? PRECOCE ? EIP ?
Quelle terminologie choisir ?
Politiquement correct quand tu nous tiens…
Si « Surdoué » est, évidemment, mal perçu du grand public, les termes « précoce » ou « EIP » (pour « enfant intellectuellement précoce ») ne correspondent pas du tout au fonctionnement du « surdoué » ! Ils induisent même, dangereusement, l’idée d’un enfant « comme les autres », doté d’une « avance », qui sera rattrapée à l’âge adulte. Dans ce cas, on est précoce à 90 ans…
Alors que ce sont des enfants différents, pas forcément « en avance », et dont la spécificité dépasse largement le seul domaine intellectuel !
« Ce n’est pas le fait d’être en avance sur les autres qui caractérise l’enfant surdoué, mais bien ses particularités de fonctionnement intellectuel. » (Jeanne Siaud-Facchin)
Quelques caractéristiques fréquemment rencontrées chez les enfants surdoués :
- Une curiosité qui les pousse à poser continuellement des questions.
- Une passion pour les dictionnaires et les encyclopédies.
- Une boulimie de connaissances.
- Une grande capacité d’attention quand ils sont intéressés, alors qu’ils sont souvent distraits.
- Un ennui effroyable devant les activités routinières.
- Un sens de l’humour surdéveloppé.
- Un intérêt marqué pour les jeux compliqués.
- Un sens critique à l’égard des autres (mais aussi à l’égard d’eux-mêmes, rassurez-vous !).
- Une hypersensibilité.
Malheureusement, on observe quelquefois :
- Une marginalisation par rapport aux enfants de son âge
- Des difficultés de concentration.
- Un manque de motivation, voire de l’apathie
- Un désinvestissement scolaire et des résultats médiocres
TOUTEFOIS, ATTENTION !
Il s’agit seulement d’« indices » qui doivent éveiller l’attention
Rien ne remplacera jamais un bilan complet (pas que le QI) effectué auprès d’un psychologue compétent.
LES SURDOUÉS ET L’ÉCOLE...
L’éternel « il n’est pas mûr, il a un mauvais graphisme… » ou deux systèmes qui ont du mal à se rencontrer
Il faut s’armer de patience et de tact pour faire entendre aux enseignants que son enfant est surdoué. Surtout quand ce dernier n’est précisément pas premier ou fait tout pour cacher ses connaissances. Les relations peuvent être tendues, certains instituteurs sont très susceptibles, certains parents, surdoués eux-mêmes, sont hypersensibles.
De nombreux ouvrages, de nombreuses personnes en sont même à coacher les parents désemparés !
Ce qui donne souvent : « Surtout, inconscient que vous êtes, ne dites pas ceci, ne faites pas cela ! », « Le prof va se braquer ! », « Il faut que cela vienne de l’enseignant, sinon c’est fichu d’avance ! », etc.
Il faut reconnaître que certains instituteurs sont particulièrement rétifs. Pour des raisons idéologiques (le sacro-saint égalitarisme...) ou, simplement, du fait de leur manque de formation. À leur décharge, ils ne sont pas formés aux spécificités des précoces et à la pédagogie qui pourrait leur être adaptée. Peut-être parce que les surdoués sont rarement considérés comme des élèves pouvant rencontrer des difficultés d’apprentissage (alors qu’ils peuvent être lourdement pénalisés par leur mode de fonctionnement).
Et surtout parce que l’on continue de confondre résultats scolaires / compétences intellectuelles et immaturité / extrême sensibilité.
On constate, en tout cas, que même à l’école (certaines mauvaises langues seraient tentées de dire « surtout »...), la précocité est un phénomène souvent mal connu.
Être surdoué n’est pas obligatoirement une chance, car les compétences spécifiques du précoce peuvent engendrer des difficultés, aggravées par l’incompréhension de l’entourage ou / et l’inadaptation des structures scolaires.
Et, si certains professeurs ont effectué la démarche personnelle et spontanée de se former à la précocité (il y en a !), il est désespérant de constater que certains enseignants et chefs d’établissement :
- continuent de refuser d’admettre que les enfants puissent être à la fois « surdoués » et en échec scolaire (« Eh Bien, il n’est pas brillant pour un surdoué ! », « S’il est surdoué, il s’en sortira toujours ! », « S’il est si doué, il n’a qu’à le prouver ! »). Il est évidemment plus simple de parler de paresse, de manque de travail, de mauvaise volonté, d’immaturité, etc.
- persistent à soupçonner les parents d’affabulation (« Encore des géniteurs d’apprenants qui poussent leur enfant, afin de sauter une classe »), de prétention (« Encore des parents qui prennent leur cancre pour un génie ! », etc.), ou encore d’ « induction » (« Il veut sauter une classe pour vous faire plaisir ! »)
- ne cessent de nier la précocité en l’assimilant au gavage intellectuel que feraient subir des parents ambitieux à leur enfant. En clair, on laisse entendre que l’enfant est poussé par ses parents narcissiques... N’hésitant pas à culpabiliser les parents au passage...
- jouent au psy avec l’enfant. Certains professeurs, bien que n’ayant, manifestement, aucune connaissance sur la précocité et ses dyssynchronies possibles, vont tenter de " piéger " l’enfant en le testant maladroitement : puzzles trop difficiles, le faire écrire au tableau, etc. Ce qui est naïf et vain, par ailleurs, car l’EIP, qui n’aime pas être testé, le repérera immédiatement et risquera de faire l’imbécile. En outre, un surdoué est méfiant, surtout s’il a déjà été maltraité par le système scolaire, il ne se livrera donc pas à n’importe qui.
- font l’autruche : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». « Le niveau de notre établissement est excellent : il ne peut pas s’ennuyer ! ». Tandis que votre enfant rentre surexcité tous les soirs en vous serinant qu’il s’ennuie terriblement...
« L’enfant doué qui rencontre des problèmes scolaires et qui n’est pas aidé, c’est un peu comme un trésor qu’on laisse partir en poussière » (Arielle Adda)
« Le saut de classe n’est qu’un palliatif dans un système manquant de souplesse. » (Sophie Côte, Doué, surdoué, précoce)
« En France, l’égalité consiste à trancher les têtes qui dépassent. » (Jean Cocteau)
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