CRITIQUES DE FILMS
LA HUITIEME FEMME DE BARBE-BLEUE
Cette comédie sentimentale de 1938 bénéficie de la "Lubitsch touch", d'un scénario cosigné par Billy Wilder, et d'un générique étincelant : Claudette Colbert, Gary Cooper, David Niven...
Le film pourrait être sous-titré "Le Milliardaire apprivoisé", puisque l'argument tourne autour d'un milliardaire au coeur d'artichaut (G. Cooper), veuf d'une de ses précédentes femmes (un veuvage qui a dû précéder une inéluctable séparation !) et divorcé six fois... Ce que n'apprend pas tout de suite la noble désargentée (C. Colbert), fille d'un marquis ruiné. Eprise de l'homme d'affaires, elle réagira violemment en apprenant le passé de son... futur. Le mariage deviendra alors un accord financier entre deux partenaires menant vie à part... sans qu'il y ait le moindre coup de canif, ni d'un côté ni de l'autre, dans le contrat conjugal.
Comme on peut s'en douter avec Lubitsch, tout finira bien, après nombre de gags menés sur un rythme trépidant. Plusieurs de ces gags, d'ailleurs, sont purement visuels, et le cinéphile se doit d'être attentif et observateur ! La date du film (1938) et le fait que Lubitsch et Wilder soient deux Allemands réfugiés aux Etats-Unis expliquent, en outre, certaines allusions et références.
Ce long-métrage rappelle aussi que Gary Cooper, avant que d'être l'interprète type du héros de western, fut un excellent jeune premier de comédie, et que l'actrice française Claudette Colbert fut une comédienne remarquable, pétulante, vive, intelligente.
Le film existe en DVD, dans une version impeccablement remastérisée, chez BAC.
Ma note : 4,5 * J.-P. C.
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MA FEMME EST UNE SORCIERE
Tourné en 1942 par René Clair, avec l'excellent acteur américain Fredric (nous disons bien : "Fredric") March et la délicieuse Veronica Lake, cette comédie romantique est l'un des quatre films que René Clair, réfugié aux Etats-Unis, réalisera à Hollywood.
Comme il n'est pas question, dans cette rubrique, de déflorer le sujet auprès de personnes qui n'auraient pas vu ce long-métrage, nous nous contenterons de dire qu'il y est question d'une malédiction jetée sur la famille du juge qui, au XVIe siècle, envoya au bûcher un sorcier et sa fille... Trois siècles plus tard, un descendant dudit juge aura affaire à l'envoûtante, séduisante et adorable sorcière !
On ne peut s'empêcher de penser à un autre film de René Clair, à voir, lui aussi : Fantôme à vendre...
Veronica Lake a inspiré au fameux réalisateur de dessins animés Tex Avery le "look" de sa vamp blonde à la mèche tombant sur les yeux...
Ma femme est une sorcière est une très bonne comédie pleine d'allant. La version restaurée qu'en propose StudioCanal est de qualité, avec de vrais bonus intéressants ("René Clair sous les toits d'Hollywood").
Ma note : 4,5 *.
J.-P. C.
HUMOUR
Si vous en avez assez des films aux "scénarios" par trop récurrents, où un véhicule explose toutes les deux minutes, où le vocabulaire indigent des personnages ne dépasse pas les 200 mots, où les armes à feu - sophistiquées ou non - tirent au moins 50 000 projectiles à la minute sans que les héros soient jamais blessés (même quand ils tombent du dixième étage, d'ailleurs), etc., et dont la sono est assourdissante, allez donc voir les grands classiques de l'humour. Par exemple, le désopilant Arsenic et vieilles dentelles (Frank Capra, 1944; avec Cary Grant, Priscilla Lane, Raymond Massey...); l'éblouissant Noblesse oblige (Robert Hamer, 1949; avec Dennis Price, Valerie Hobson et l'extraordinaire Alec Guinness, qui joue... toute la famille d'Ascoyne, soit huit personnages !); le plus que drolatique Impossible M. Bébé (L'), de Howard Hawks, avec Katharine Hepburn et Cary Grant (1938). Ou passez-vous les DVD de ces chefs-d'oeuvre du septième art.
Sans atteindre - loin de là - le niveau de ces films cultes, de bonnes petites comédies françaises bien réalisées par des metteurs en scène maîtrisant sans prétention leur métier, réunissant des acteurs familiers, au métier avéré, et que l'on a toujours plaisir à voir ou à revoir quand on est un vrai "fondu de cinéma", sont disponibles en DVD.
Chez René Chateau Productions, qui manque parfois de discernement (quelle idée de ressortir, entre autres quelques "beaux" navets, le nullissime Les Corsaires du bois de Boulogne, de Norbert Carbonneaux, 1953 ! ), le public trouve un vaste catalogue de longs-métrages souvent intéressants, dont certains sont injustement méconnus...
Sont ainsi mis à la disposition de tout un chacun des films de tous genres, où figurent avec bonheur des comédiennes et comédiens qui firent, ou font toujours, les beaux jours du cinéma français.
Par exemple, on peut retrouver avec plaisir Bourvil, Paul Meurisse, Roger Carel et Daniel Ceccaldi dans un aimable divertissement : la comédie policière LA GROSSE CAISSE, d'Alex Joffé (1965).
Que l'on nous comprenne bien : il ne s'agit pas d'un chef-d'oeuvre, mais d'un film distrayant, à l'intrigue bon enfant mais bien ficelée, dont les vedettes sont d'excellents acteurs, et dont la bande-son ne vous abrutit pas. Ce qui fait bien des points positifs !
Ma note (sur 5*) : 2,5*.
J.-P. C.
