FAQ LANGUE FRANCAISE

Durant plusieurs années, en plus de ses tâches au « Monde », Jean-Pierre Colignon a répondu bénévolement – par courrier papier ou par internet – aux questions des lecteurs, des internautes, à raison de quelque… 7 000 questions-réponses. Des questions portant, le plus souvent, sur l’orthographe et la grammaire, sur le vocabulaire, sur l’étymologie, sur le style… Mais aussi nombreuses interrogations sur les majuscules/minuscules, c’est-à-dire sur cette composante de l’orthographe d’usage qui s’appelle l’orthotypographie.

Fort évidemment, il y a des questions récurrentes, telles celles portant sur l’accord du participe passé !

 

Les réponses fournies n’étaient pas stéréotypées, mais expliquées, très détaillées… Malheureusement, il n’a pas été possible de créer au « Monde » ce qu’on appelle, dans le jargon internet, une « foire aux questions » (FAQ) accessible gratuitement à tout le monde, et où chacun puisse lire non seulement la réponse à ses propres questions, mais aussi la totalité des questions-réponses…

 

Le présent site va permettre enfin la mise à disposition du public d’une sélection notable des questions-réponses ainsi accumulées : une sélection qui sera constituée des questions les plus récurrentes, les plus essentielles, mais aussi de questions plus insolites,  abordant la langue française en tous ses états. S'y ajoutent d’ores et déjà, le plus rapidement possible, les réponses données actuellement aux nouvelles questions des consoeurs et confrères journalistes, et à celles de tous les internautes en général....

 

Les questions peuvent aussi être posées  via l'autre adresse électronique : jp.colignon@orange.fr

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QUESTIONS TRAITEES CI-DESSOUS (dans l'ordre actuel) :

 "armistice" ou "capitulation"

"route commune" ou "voiture commune"

"une hurluberlue" ?

"groseille à maquereau" ou "à maquereaux" ?

"président" ou "Président" de la République ?

"Usonien" ?

"festival" ou "Festival" ?

appartement(s) de fonction... ou de fonctions

bleu-nattier, bleu Nattier ou bleu nattier

unité de vue ou unité de vues (une grande)

Hindou ou hindou

Place Vendôme (la)

"imprésario" 'pluriel de)

"dadais" (féminin de)

"vitupérer contre"

"pour tout de bon"

ultra(-)marin(e)

 "saxon"

 "Ville Lumière" (la)

bagad (pluriel de)

 second conflit mondial

empire du Milieu (l')

Delawares (les)

"les quelque"

Empire mongol (l')

minuscule ou majuscule à "terre" ?

"de 2,5 à 1,8 million d'euros"

Côte de "Granit rose" ou de "Granite rose" (la)

"etc." (l'abréviation de)

"train de Cologne (le)"

"nous majestique" (le)

"le peu de" (accord avec)

traits d'union dans les noms des rues

"éclairer sa lanterne" : expression correcte ?

"joli joli" ou "joli-joli" ?

"ni l'un(e) ni l'autre" (accord du verbe avec)

"sérendipité" (que désigne exactement le mot) ?

"ciseau" (à la place de "ciseaux") ?

"antiquité (la plus haute)"

"courtisane' = féminin de "courtisan" ?

"convoler" signifie-t-il toujours "se remarier" ?

"quel(le) que" (mode du verbe après)

 "veto (opposer son)"

"vieillarde" (emploi de)

"ingénieur système" (pluriel de)

"plier bagage" (pourquoi figé au singulier?)

alinéa américain (l')

"comparaître" construit avec l'auxiliaire "être" ?

"Chaûry" ?

accord en genre avec "dupe"

prononciation de "pupille"

"Côte d'Argent" (origine de cette dénomination)

sortie(s) "en salle" ou "en salles" ?

"arbuste" ou "arbrisseau" ?

bovidé, buvin, boviné

crachoter : verbe transitif ?

"quiconque" comme sujet

 prononciation d' "asthme"

"guère" suivi d'un singulier ?

accord avec "1,90", etc.

"nouvelle vague (la)"

"faux derch" ou "faux derche" ?

verbe "bréher"

"buvoter" : un verbe transitif indirect ?

"rectitudinaire" : barbarisme ?

partisans de Ségolène Royal : "royalistes" ou "Royalistes" ? 

"lagon" ou "lagune" ?

prononciation de "lacs"

ès qualités

"ovalie (l')"

"Carlamania"

Maison d'Orange, d'Autriche, d'Espagne...

"à facettes"

"une marennes"

accord du complément de nom (dans "chef(s) d'Etat")

majuscule ou minuscule (pour le mot "histoire / Histoire")

expression correcte (avec "du point de vue")

"aussi" et "non plus" (emplois corrects respectifs)

"aucun" (accord avec)

PLEONASMES

"stupéfait"  /  "stupéfié"

pluriel ou singulier ("dans un(e) de ces...  qui...")

étymologie ("barbagliata")

prononciation ("fort" suivi d'une voyelle)

accord du participe passé de "coûter"

"attenant(e)"

"point" à la place de "non"

"supplanter"  /  "suppléer"

sigles militaires ("RIMA", "RIMa"...)

cri de la poule

"fontaine ubérale"

"babine" (toujours au pluriel ?...)

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"armistice" ou "capitulation"

"Quelle est exactement la différence entre "armistice" et "reddition" ? Les termes ne sont-ils pas synonymes au sens de "paix" ?", demande une chargée de communication d'un musée.

Eh non ! Pas du tout !  Et les services de l'Elysée n'auraient pas commis cette énorme bourde si, par exemple, ces fonctionnaires avaient suivi mes cours destinés aux futurs correcteurs, lecteurs-réviseurs, secrétaires de rédaction  et autres professions où l'emploi des mots justes est une obligation... Entre autres, justement, je mets en garde contre la confusion entre la Première Guerre mondiale, où intervint un armistice, le 11 novembre 1918, et la Seconde guerre mondiale, qui s'acheva par la capitulation du IIIe Reich, la reddition de l'Allemagne...

A la confusion entre ces termes marquant la conclusion des deux conflits mondiaux s'ajoute le fait qu'il y eut, en juin 1940, un armistice demandé par le maréchal Pétain après l'écrasement des armées françaises. Hitler imposa que cet armistice fût signé près de Rethondes, dans la forêt de Compiègne, là où les Allemands, en novembre 1918, avaient eux-mêmes signé l"armistice qu'ils avaient demandé.

Un armistice est une simple cessation, suspension, des combats; il n'a pas la valeur d'un traité de paix. De ce fait, tous les belligérants peuvent prétendre, à défaut de l'avoir emporté, ne pas avoir été vaincus... Généralement, la propagande outrée du camp en état d'infériorité, et qui est donc celui qui a demandé un armistice, ne résiste pas longtemps face aux dures réalités.

En mai 1945, il s'est agi de la capitulation de l'Allemagne vaincue, de la reddition sans conditions de toutes les troupes de la Wehrmacht.

 

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"route commune" ou "voiture commune"

"Peut-on dire indifféremment "route commune" et "voiture commune" ?", nous demande un internaute parisien.

On peut dire l'un et l'autre... mais la signification n'est pas la même !  On fait "voiture commune" quand, à plusieurs, on effectue un trajet dans un même véhicule; on fait "route commune" quand, à bord de plusieurs véhicules circulant de conserve, on effectue un trajet commun.

 

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"une hurluberlue" ?

"Peut-on employer hurluberlu au féminin ?", s'interroge un jeune scolaire.

Hurluberlu a la particularité de comporter trois "u", mais, sinon, c'est un substantif normal, ordinaire, qui peut s'employer au féminin : une hurluberlue.

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"groseille à maquereau" ou "à maquereaux" ?

"Le mot maquereau est-il au singulier ou bien au pluriel dans "groseille à maquereaux(s)", ou bien est-ce sans importance ?", nous demande une amie (excellente cuisinière) de Libourne (Gironde).

Nous parlons donc de la variété de groseille entrant dans la préparation d'une sauce particulièrement concoctée pour être servie avec UN poisson : LE maquereau. On retient donc la notion d'espèce de poisson (cf. "acheter du lieu", "manger de la raie", "servir de la saumonette", etc.), et le singulier s'impose : la groseille à maquereau, des groseilles à maquereau.

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"président" ou "Président" de la République ?

 

"Faut-il une majuscule à "président" dans "président de la République" ?, telle est une question récurrente au sein des centaines de questions arrivant chaque semaine...

Non, le terme important est République, raccourci pour la République française, nom de notre pays, via un terme désignant aussi la forme de régime politique. Les personnes élues à l'Elysée n'en sont que des locataires provisoires, alors que l'Etat républicain, lui, est une entité en principe immuable, bien plus importante.

 

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"Usonien" ?

 

"Usonien" est-il employé au sens d' "Etats-unien" ?, demande une amie éditrice.

Non, ce terme est la forme francisée d'un mot employé par l'écrivain britannique Samuel Butler et d'autres auteurs d'outre-Manche, au XIXe siècle. Mais il n'a pris du tout... à une exception : le fameux architecte "moderniste" américain Frank Lloyd Wright (1867-1959), qui a inspiré à King Vidor le personnage principal de son film Le Rebelle : l'architecte Howard Roark, joué par Gary Cooper. Pour parler de son style, profondément représentatif, selon lui, de la modernité états-unienne, Wright a utilisé ce terme d' "usonian", rendu en français par "usonien".

D'innombrables propositions de gentilés (ou ethnonymes), bien farfelues parfois, ont été formulées, en anglais et autres langues, et qui auraient pu donner, en français : "USAien, Usin, USAn, Usanien, Usien, U-S-ien", etc. !

 

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"Festival" ou "festival" ?

"Je ne sais plus ce qu'il faut faire pour "festival" !", déclare une responsable d'édition. On voit tout et son contraire !"

Effectivement, il y a de quoi être décontenancé à la lecture des journaux, des revues, des dossiers de presse (abusant des majuscules), des annonces sur internet, etc.

 

Naguère, "festival" était considéré comme un terme générique banal, et n'avait pas de majuscule, au contraire du terme spécifique : "le festival des Contes fantastiques", "le festival des Fraises", etc.  Au fil des décennies, la médiatisation, la publicité, ont fait porter l'accent sur le terme festival, considéré comme valorisant et attractif par les organisateurs, les sponsors, les municipalités... L'orthotypographie s'est donc inversée, généralement : "le Festival des contes fantastiques", "le Festival des fraises"...

Certains, minoritaires, optent pour des majuscules à tous les noms (et aux adjectifs qui seraient placés devant un nom) : "le Festival des Contes fantastiques", "le Festival des Vieux Films comiques", "le Festival des Fraises"...

Lorsque festival est employé seul, la règle était de considérer qu'il s'agissait là du nom commun ordinaire  "le festival est organisé par...", "pour les trente ans du festival"...

Aujourd'hui, la notoriété d'un festival, la puissance des sponsors ou mécènes qui le soutiennent, l'implication des médias, etc., imposent la majuscule pour quelques-uns de ces festivals, celui de Cannes, par exemple : "Le Festival s'est ouvert par...", "Les principaux membres du jury du Festival sont déjà arrivés sur place"...

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appartement(s) de fonction... ou de fonctions ?

"Dans les expressions appartement(s) de fonction, voiture(s) de fonction, faut-il laisser le dernier mot au singulier ou doit-on mettre le pluriel fonctions ?", nous demandent de jeunes journalistes de la PQR.

Sans hésitation, la réponse est : au singulier. Ces avantages (appartement, voiture, etc.) sont liés à LA fonction exercée.

 

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bleu-nattier, bleu Nattier ou bleu nattier ?

"Comment doit-on écrire cette couleur ?... Que veut dire "nattier" ?...", demande une internaute de Paris.

Jean-Marc Nattier est l'un des grands peintres français du XVIIIe siècle. Spécialiste du portrait, il a représenté avec un talent unique les tissus, les soieries... Et l'on a particulièrement retenu une nuance de bleu délicat qu'il utilisa à maintes reprises.

On emploie donc "bleu Nattier" par ellipse, pour dire : "le bleu créé par Nattier", "du bleu utilisé par Nattier". Dans cette formule, le patronyme reste un nom propre, et la majuscule est donc obligatoire, de même que l'invariabilité de bleu : des soieries bleu Nattier (qui sont DU bleu inventé par Nattier).

 

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unité de vue ou unité de vues (une grande)

"Doit-on mettre "vues", au pluriel, dans l'expression "une grande unité de vue(s)" , ou faut-il opter pour le singulier ?", s'interroge une correspondante des Ardennes.

Un faux raisonnement peut conduire à mettre le singulier, parce que cette situation aboutit à une vue unique... Mais, pour qu'il y ait unité, il faut qu'il y ait plusieurs choses : à savoir plusieurs points de vue, plusieurs opinions qui se rejoignent ! La logique conduit donc à la bonne graphie : une grande unité de vues.

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Hindou ou hindou

"Doit-on mettre une majuscule à "Hindou" ?, demande un lycéen de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

"Indou" est à mettre sur le même plan que "catholique", "bouddhiste", "protestant", "juif", "musulman",  c'est-à-dire les noms désignant les adeptes d'une religion. Ces termes ne sont pas des noms propres (cas spécial pour juif, qui peut avoir aussi l'acception, à bien distinguer, de "Hébreu"), mais des noms communs, donc sans majuscule.

 

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Place Vendôme (la)

"Pourquoi y a-t-il une majuscule à "Place Vendôme", je l'ai relevée dans plusieurs articles de presse ? Est-ce parce qu'il s'agit d'une place d'un quartier chic, avec des boutiques de luxe ?...", nous demande un internaute belge.

Non : l'orthographe, et l'orthotypographie en particulier, ne dépend pas de la richesse ou de la pauvreté des lieux...  Si vous avez vu une majuscule à Place, c'est qu'il y avait une faute. Ou, alors...

 

... Ou bien, alors, c'est parce qu'il y avait une antonomase (l'emploi d'un surnom ou d'une périphrase pour désigner quelqu'un ou quelque chose). En l'occurrence, ici, le ministère de la Justice, sis place Vendôme :  Mme Rachida Dati devrait quitter bientôt la Place Vendôme. (On emploie couramment cette figure de rhétorique : "le Quai" ou "le Quai d'Orsay" (pour le ministère des Affaires étrangères"), la Place Beauvau" (pour le ministère de l'Intérieur), etc.)

 

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"imprésario" (pluriel de)

"Est-il fautif d'employer le pluriel des impresarii ? C'est ce que me disent mes collègues professeurs des écoles... mais je ne suis pas d'accord avec eux !", nous demande un "instit" de l'Eure.

Il est encore licite, possible, d'employer le pluriel italien : des impresarii. Mais, alors qu'imprésario a été francisé par l'accent aigu, il est devenu contradictoire d'opter, au pluriel, pour une graphie italienne ! Ce pluriel d'origine est fortement ressenti, aujourd'hui, comme vieilli... ou pédant ! Alors, il vaut mieux adopter : des imprésarios.

 

Bien qu'il soit placé entre deux voyelles, l'unique "s" doit se prononcer "s", à l'italienne, et non "z". L'emploi courant de ce mot francisé a imposé, au moins à parité, semble-t-il, pour l'instant, la prononciation "im-pré-za-rio".

 

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"dadais" (féminin de)

"Je ne trouve pas de féminin à dadais... Est-ce normal ?..."demande, sérieusement, un humoriste de nos amis.

S'il existe bien, par exemple, un féminin  -  peu usité  - de preux, à savoir preuse, on chercherait en vain, semble-t-il, un féminin de dadais... A moins qu'un jongleur de mots, un auteur burlesque, un oulipien... ou un dadaïste (mot qui contient dadais !!) n'ait eu un jour la tentation de créer "dadaise" ! 

 Non, dadais est exclusivement masculin et ne se dit qu'en parlant d'un jeune homme, d'un adolescent...

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"vitupérer contre"

"On me dit que vitupérer contre est incorrect, parce que vitupérer serait exclusivement un verbe transitif. est-ce vrai ?"

La langue française est une langue bien vivante, qui évolue constamment... Ce qui était fautif hier devient correct aujourd'hui, avant de devenir peut-être obsolète demain... C'est dans l'ordre des choses, et ainsi va la notion de "bon usage", qui ne saurait être figée.

Effectivement, vitupérer contre fut autrefois critiqué, condamné, et même encore naguère.... Aujourd'hui, il est parfaitement licite de dire, d'après les ouvrages contemporains : "Vitupérer contre le gouvernement d'incapables, contre les injustices, contre les impôts excessifs...".  Bien sûr, vitupérer tout court reste très correct.

Personnellement, je respecte  - en principe  - une différence d'emploi : a) vitupérer devant des noms désignant des personnes (vitupérer ses voisins) ; b) vitupérer contre devant des noms de choses, concrètes ou abstraites (vitupérer contre les voitures polluantes)...

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"pour tout de bon"

"Est-il correct de dire : Il est parti pour tout de bon  ?, nous demande un fidèle correspondant de Nantes.

La faute est sans doute vénielle, mais il faut s'abstenir d'employer cette tournure, généralement jugée comme étant de style familier, relâché...  On peut tolérer pour de bon, alors que la langue soutenue (mais rendue peut-être un peu archaïque par l'évolution du langage)exige  -  exigeait...  -  tout de bon (il est parti tout de bon).

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"ultra(-)marin"

"Les événements survenus en Guadeloupe et en Martinique ont amené tous les médias à user du vocable ultra(-)marin, comme adjectif qualifiant ce qui se rapporte à l'outre-mer (par rapport à la France). Je ne trouve pas ce mot dans mes dictionnaires... Alors, est-il légal ? Et, si oui,  faut-il l'écrire avec, ou sans, trait d'union ?

Vous avez raison : le mot ultramarin(e) n'est pas dans tous les dictionnaires usuels. De plus, quand il constitue une entrée dans certains dictionnaires, ceux-ci n'adoptent pas la même graphie : les uns "agglutinent", les autres mettent un trait d'union.

Le mot est bien construit, il figure déjà dans des dictionnaires : s'il semble un peu insolite, cela est dû à sa relative rareté d'emploi, et les événements des Antilles vont le rendre familier à tout le monde.

La tendance étant nettement à l'agglutination tant dans des mots anciens que dans les néologismes, notamment pour les termes construits avec ultra-, je préconise la graphie ultramarin(e). Pour l'instant, le mot est cantonné à un emploi adjectif, mais rien n'empêche d'en faire complètement un ethnonyme, un gentilé, c'est-à-dire un vocable qui peut par ailleurs être un nom propre s'appliquant aux natifs et/ou habitants d'un lieu : En grande majorité, les Ultramarins souhaitent demeurer dans la République française.

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"saxon"

"Pourquoi appelle-t-on "un saxon" une personne qui trahit son camp ?", nous demande un groupe de collégiens.

 

Saxon a pris le sens de "félon", de "traître", à la suite de la bataille de Leipzig (octobre 1813), dite "bataille des nations" tellement fut grand le nombre des soldats engagés... Les combats furent acharnés, et meurtriers. Les coalisés, plus nombreux, finirent par l'emporter sur Napoléon.

Un des faits marquants fut le passage à l'ennemi, en pleine bataille, des troupes saxonnes, censées être du côté des Français... Ce retournement de veste  -  ou d'uniforme  -  à la dernière minute fut considéré  -  côté français  - comme le comble de la félonie.

A partir de là, donc, ce qualificatif méprisant a été associé à des individus qui changent de camp, de parti, au dernier moment, par arrivisme, esprit de lucre,

ressentiment, déception d'ambitions dévorantes... Si  "transfuge" désigne quelqu'un qui, généralement, n'attend pas le dernier moment pour changer de camp, le "saxon", lui, est le traître absolu, reniant à la dernière seconde, par intérêt et/ou vengeance,  ce qu'il a dit ou écrit, quittant ses "amis" avec armes et bagages (c'est-à-dire, éventuellement, avec fichiers et dossiers)...

 

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Ville Lumière (la)

 

 

"Faut-il un trait d'union à Ville Lumière, et ce dernier mot ne doit-il pas être au pluriel ?", nous demande un ancien stagiaire.

 

 

Non, il n'y a pas de trait d'union dans le surnom (ou dans l'antonomase, comme on veut) Ville Lumière désignant Paris. Cette dénomination n'a pas de lien avec le siècle des Lumières, le XVIIIe siècle, ainsi appelé par référence aux philosophes (Voltaire, Rousseau...), mais aussi aux encyclopédistes (Diderot, d'Alembert...). Ville Lumière (deux majuscules) fait allusion à l'électricité qui, le soir et la nuit, fit de la capitale française la ville la mieux éclairée, la plus illuminée, du monde...

 

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bagad (pluriel de)

 

"Quel pluriel faut-il appliquer au mot breton bagad, qui désigne une formation musicale comparable au "piper band" écossais ?", s'interroge un conseiller municipal des Hauts-de-Seine.

 

 

Bagad est maintenant un mot bien connu de tous, notamment grâce au bagad de la marine nationale : le bagad de Lann-Bihoué, qui a enregistré de nombreux  CD. Le mot est entré dans les dictionnaires de référence contemporains, avec un pluriel "à la française" = des bagads.

Le pluriel breton (des bagadoù) peut être adopté dans un contexte particulier (revues consacrées à la Bretagne, programmes de concerts, de festivals, en Bretagne...).

 

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"second conflit mondial"

"Comme il faut écrire Seconde Guerre mondiale avec deux majuscules, faut-il en faire autant avec "second conflit mondial" ?", nous demande un correspondant des Bouches-du-Rhône.

Non : Seconde Guerre mondiale est un nom propre  -  une dénomination historique consacrée  -, ce qui n'est pas du tout le cas de "second conflit mondial", qui n'est qu'une façon de désigner cette guerre mondiale.

Rappelons qu'il faut dire "Seconde", et non "Deuxième", puisque, au total, pour l'instant, il n'y a eu que deux guerres mondiales dans l'Histoire. De la même façon que l'on doit dire "le second semestre" (puisqu'une année comporte deux semestres) et "le Second Empire" (la France ayant eu par deux fois, au total,  un régime impérial).

 

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empire du Milieu

"Faut-il écrire "pays du Milieu", "empire du Milieu", ou bien "Pays du milieu" et "Empire du milieu" ?", nous demande une fidèle correspondante des Hauts-de-Seine, à propos de la Chine.

D'abord, on ne dit pas "pays du Milieu"... Ensuite : le mot empire est ici un terme générique banal; c'est Milieu qui est le terme important. Donc, il faut écrire : l'empire du Milieu, ou, mais c'est une dénomination beaucoup moins usitée, le royaume du Milieu.

Ces noms découlent de l'expression employée par les Chinois eux-mêmes autrefois : Zhongguo, "le royaume du Milieu". Pour eux, le centre du monde était constitué par leur pays (qui correspondrait, aujourd'hui, à la province du Hunan), et des cercles concentriques de plus en plus grands délimitaient à leurs yeux le reste de la terre, des peuples les plus civilisés jusqu'aux barbares... loin du Milieu.

La Chine a été également dénommée "le Céleste Empire" (ou l'Empire céleste").

-  Rappelons que les adjectifs précédant les noms dans les appellations géographiques, historiques, littéraires, artistiques, etc., s'écrivent avec une majuscule, mais qu'ils restent avec une minuscule s'ils sont derrière le substantif : la Grande Guerre,"les Trois Mousquetaires", les Grandes Jorasses, les Trois Glorieuses, "la Grande Odalisque"...

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Delawares (les)

"En français, peut-on dire et écrire "les Delawares" ?", s'interroge une internaute parisienne...

Oui, il est licite d'écrire "un Delaware, des Delawares", pour parler des membres de la puissante confédération indienne algonquine vivant dans ce qui correspond à l'est des Etats-Unis actuels. Aujourd'hui, les Delawares résident notamment dans les Etats de New York, de Pennsylvanie et du... Delaware.

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 "les quelque"

Lorsque l'on dit "quelque cinquante employés vont être licenciés", je suis d'accord : quelque est un adverbe, donc demeure invariable. Mais, lorsque l'on dit : "les quelque(s) cinquante employés qui vont être licenciés", pour moi le quelque est un adjectif, donc variable, car, pour moi, on ne peut pas dire : "les environ cinquante employés..." Mais je ne suis pas sûre de mon raisonnement, et j'ai peur d'introduire une faute... Aurez-vous la gentillesse, une fois de plus, d'éclairer ma lanterne ?", nous écrit une correctrice d'édition...

Désolé de contredire une jeune "pêcheuse de perles (orthographiques)"... qui se complique inutilement la vie. Même associé à les, quelque est bien encore un adverbe, et invariable, au sens de "la cinquantaine d'employés", "les cinquante employés, environ"...

 

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Empire mongol (l')

"Doit-on mettre une majuscule à "empire" quand il s'agit de l'empire mongol ?", nous demande une correctrice débutante.

 

La règle est de mettre une majuscule au mot empire quand il est suivi d'un adjectif, et quand l'ensemble désigne ou a désigné un Etat, l'ensemble de ses colonies,  ou un groupe d'Etats : l'Empire ottoman, l'Empire français, l'Empire austro-hongrois, l'Empire britannique, l'Empire romain d'Occident, l'Empire allemand, l'Empire russe, etc.

L'Empire mongol peut être assimilé à ces Etats..., donc la majuscule se justifie.

 

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minuscule ou majuscule à "terre" ?

"Faut-il, ou non, une majuscule à "terre" quand on écrit : "Avant la venue de l'homme sur terre, les [...]" ?, nous demande une jeune correspondante de Boulogne-Billancourt (92).

Lorsque Terre a l'acception de "planète", la majuscule est obligatoire : De la Terre à la Lune (roman de Jules Verne);  "La Lune est un satellite de la Terre"...

En revanche, quand le mot prend la signification de "milieu où nous vivons", " le milieu où vit notre humanité", c'est la minuscule qui est la norme : "Tant qu'il y aura des hommes sur terre", "Ces gens sont les plus malheureux de la terre", "Pour les catholiques, le pape est le représentant de Dieu sur la terre", etc.

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"De 2,5 à 1,8 million d'euros"

"Doit-on mettre la marque du pluriel dans des phrases du type : "La dette publique a été ramenée de 2,5 à 1,8 million [millions ??] d'euros ?", nous demande des correspondants de Nantes.

Faut-il mettre millions au pluriel, du fait qu'avant "1,8" il y a "2,5" ?... Non...

Si l'on prend un exemple quelque peu absurde, on n'écrira pas : "En raison de difficultés financières, le directeur de ce cirque a réduit la cavalerie de cinq à un chevaux" ! On dira et on écrira, dans ce cas, "à un cheval". Comme "1,8"  fait moins de 2, c'est le singulier qui l'emporte...

Mais l'on se rend bien compte que la formulation est boiteuse quand on dit et écrit : "a réduit la cavalerie de cinq à un cheval", parce qu'il manque le mot chevaux. La gêne est moindre quand c'est millions qui manque, parce que ce mot se prononce de la même façon au singulier et au pluriel, mais la construction contestable est également là.

La répétition de million(s) d'euros fait disparaître la maladresse en question... mais en fait surgir une autre : la lourdeur de la phrase ("... a été ramenée de 2,5 millions d'euros à 1,8 million d'euros"). Cette répétition est évidemment beaucoup moins pesante lorsque l'on remplace "million(s) d'euros" par "M" ou "Ms" suivis du symbole de l'unité monétaire. 

On peut opter pour : "... a été ramenée, en millions d'euros, de 2,5 à 1,8".

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Côte de "Granit rose" ou de "Granite rose" (la)

La région de Perros-Guirec (Côtes-d'Armor) doit-elle s'écrire "Côte de granit rose" ou bien "de granite rose" ?, s'interroge un correspondant de Libourne (Gironde).

Tout d'abord : il faut obligatoirement, dans cette dénomination touristico-géographique, mettre une majuscule à "Granit", c'est devenu depuis longtemps l'usage pour ces appellations (cf. : la Côte d'Azur, la Côte d'Argent, la Côte d'Emeraude, la Côte d'Amour, la Côte d'Opale, la Côte des Abers, etc.). Ensuite, c'est la graphie "Granit", sans "e", qu'il faut suivre. Une graphie qui est, de loin, la plus courante dans l'usage. Granite est une variante surtout employée par les géologues.

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"etc." (l'abréviation d')

"Faut-il bien un point derrière le "c" d' "etc.", nous demande un haut fonctionnaire, ou est-ce une erreur ?"

Il faut bien un point... abréviatif, puisque cette abréviation ne comprend pas la dernière lettre ("a") du mot complet (et cetera, ou : et caetara). En revanche, il n'y a aucune raison de vouloir mettre un point derrière bd, abréviation qui contient bien la dernière lettre de boulevard !

 

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"train de Cologne (le)"

"Est-il correct de dire "le train de Cologne partira de la voie 4" ? ", nous demande une secrétaire de rédaction.

Il n'est pas pendable de dire, voire d'écrire, cela, mais  -  rigoureusement  -  "le train de Cologne" devrait être réservé à la désignation d'un train VENANT de Cologne. Pour parler d'un train ayant Cologne pour destination, on devrait toujours dire : "le train pour Cologne"... En tout cas, si l'on est écrivain ou journaliste... à moins de prêter à un personnage ou à une personne le parler un peu négligé de la langue familière.

 

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"nous majestique" (le)

"Ce spectacle nous a laissés froid" : tel est le texte relevé dans un journal belge par un lecteur attentif, qui s'interroge sur la discordance entre "laissés" et "froid", et qui nous demande s'il n'aurait pas fallu mettre tout au singulier (le "nous majestique"), puisque c'est un critique théâtral qui s'exprime...

Passons rapidement sur la "coquille" qui a abouti au monstre "laissés froid", évidemment erroné...

Tout comme il y a le "nous de majesté" (en France, on ne dit pas "nous majestique") employé par un monarque, un prince, un empereur...  ("Nous, Isidore II, sommes attristé par la situation de nos sujets résidant en..."), il existe, pour les écrivains mais surtout pour les journalistes, le "nous de modestie", censé exprimer la distance prise par un observateur face à une situation, un acte, etc.  "Nous nous sommes rendu dans la capitale dévastée par les émeutiers...". Le "je" est en principe haïssable, car peu modeste..., quand un journaliste parle ou écrit...

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"le peu de" (accord avec)

Un internaute assidu souhaiterait vivement nous voir trancher entre le singulier et le pluriel dans la phrase suivante : "Le peu de kilomètres parcouru(s) dans la journée n'a pas (n'ont pas) permis aux randonneurs d'atteindre le gîte...".

 

L'accord avec "le peu de" suscite régulièrement des hésitations et des interrogations... Littré disait que cela dépendait entièrement "de la pensée de celui qui parle". Les grammairiens contemporains restent sur cette position de souplesse, en indiquant que l'on optera en principe   -  pour le verbe  -  pour le singulier ou pour le pluriel selon que le locuteur veut insister sur l'idée de manque ou sur une notion positive exprimée par le complément au pluriel... "Le peu de connaissances qu'il a acquis n'a pas suffi à lui faire passer son examen"; "le peu de connaissances qu'il avait acquises lui ont permis d'obtenir son brevet supérieur". Toutefois, même en mentionnant le même raisonnement, certains maintiennent le verbe au singulier, en faisant porter la différence d'orthographe uniquement sur les participes passés : "Le peu de connaissances qu'il avait acquis [ou : acquises] n'a pas [ou : a ] permis..."

Dans l'exemple soumis par notre correspondant, nous préférons nettement mettre au pluriel "parcourus" (accordé sur "kilomètres"), mais en gardant le singulier pour le verbe puisque la notion est celle d'un manque, d'une quantité insuffisante de kilomètres parcourus...  =  "Le peu de kilomètres parcourus dans la journée n'a pas permis aux randonneurs d'atteindre le gîte."

 

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traits d'union dans les noms des rues

"Faut-il, oui ou non, mettre des traits d'union dans les noms des rues ?", demande le premier maire adjoint d'une ville du Centre.

Même si la signalétique n'est pas appliquée avec rigueur dans toutes les administrations, ce qui est bien dommage, la réponse est sans appel : c'est oui !

Si Saint-Malo s'écrit avec un trait d'union, c'est parce qu'il s'agit d'une ville, et non du saint (... saint Malo) dont elle tire son nom. Si j'écris : "J'ai vu Roland-Garros", avec un trait d'union, c'est qu'il s'agit de l'ensemble tennistique installé porte d'Auteuil, à Paris. Et l'on me regarderait avec un air bizarre si j'écrivais : "Samedi dernier, j'ai vu Roland Garros", puisque l'orthographe ainsi adoptée désignerait le fameux aviateur, depuis longtemps décédé... (Evidemment, il pourrait s'agir d'un parfait homonyme, qui, lui, serait vivant !)

Dès lors qu'il s'agit du nom d'un lieu  -  public, administratif, de surcroît  -, et non d'un nom de personne, entre autres, les traits d'union DOIVENT être indiqués ! (On ne tient pas compte des exigences de La Poste, qui, pour se faciliter la tâche, prétend obliger les gens à faire des fautes d'orthographe, sur les enveloppes, dans les noms des personnes (pas d'accents) et des adresses (pas d'accents ni autres signes)...  )

On doit donc écrire :

l'avenue Victor-Hugo

le square Georges-Brassens

l'avenue du Général-de-Gaulle

le boulevard Henri-IV

la rue du 14-Juillet-1789

l'impasse des Trois-Canards

la place de la Révolution-Française

le chemin du Diable-Rouge

la place des Martyrs-de-Châteaubriant

l'avenue de la Ire-Armée-Française      (N.B. :  re = en exposant)

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"éclairer sa lanterne" : expression correcte ?

"Peut-on accepter l'expression "éclairer sa lanterne" ? N'est-il pas plus correct de dire "allumer sa lanterne" ?", demande un internaute de Lorraine.

La logique conduit en effet à se dire que la lanterne doit être allumée. Ensuite, elle peut alors éclairer, ce qui est le propre d'une lanterne...

Mais la stricte logique ne prend pas en compte les nuances de la langue, les glissements de sens, les métaphores, etc.

La fable de Florian le Singe qui montre la lanterne magique a pour conclusion :

     "Il n'avait oublié qu'un point,

        C'était d'éclairer sa lanterne."

Ici, on ne peut contester que l'auteur veut dire "allumer sa lanterne"...

Donc, "éclairer sa lanterne" peut équivaloir à "allumer sa lanterne". On peut y voir l'idée d'allumer de façon plus intense encore ladite lanterne, afin que celle-ci permette de mieux voir, d'avoir un meilleur jugement sur les choses et les gens...

Consacrée par l'usage, l'expression est licite; on ne saurait la critiquer...

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"joli joli" ou "joli-joli" ?

"Faut-il mettre un trait d'union à l'expression familière "joli joli", employée dans des constructions négatives ?", demande un correspondant de Saint-Nazaire, ville que nous connaissons fort bien, personnellement.

 

En effet, on double le mot "joli" dans une formulation négative familière connue : "Ce n'est pas joli joli !". Le trait d'union n'est pas obligatoire, pas plus que ne s'impose la mise entre guillemets de "joli joli"... Toutefois, il est licite de mettre ce trait d'union.

On note que l'auteur d'un des dictionnaires de difficultés les plus connus avance un pluriel "joli-jolis", qui n'est pas ratifié par l'usage. Nous préférons maintenir l'invariabilité : "Ces comportements ne sont pas

 joli(-)joli !", ou, sinon, passer au double accord : "... ne sont pas jolis-jolis".

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"Ni l'un(e) ni l'autre" (accord du verbe avec)

"Doit-on mettre le verbe au singulier ou bien au pluriel quand le sujet est "ni l'un(e) ni l'autre" ?", s'interroge un jeune secrétaire de rédaction de la PQR (presse quotidienne régionale).

Eh bien [noter l'interjection "eh", souvent transformée erronément en "et"], c'est ad libitum, généralement : "Ni l'un ni l'autre ne viendra" ou "Ni l'un ni l'autre ne viendront";"Ni l'une ni l'autre ne sait chanter" ou "Ni l'une ni l'autre ne savent chanter". Fort évidemment, le singulier s'impose si l'un des sujets exclut nécessairement l'autre, s'ils ne peuvent prétendre tous deux être ou faire ce qu'exprime la phrase : "Ni l'une ni l'autre n'est sa mère". Le pluriel est absolument obligatoire si le verbe est placé devant, avec un pronom personnel :

 " Elles ne dansent la valse ni l'une ni l'autre".

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"Sérendipité" (que désigne exactement le mot) ?

 

"Que faut-il entendre par "sérendipité", exactement ?", nous demande une familière des dictées...

Ce mot est le calque de l'anglais serendipity, créé par le Britannique Horace Walpole (1717-1797), dans sa fameuse correspondance. Dans une lettre de 1754, il décrit un portrait de femme, et dit avoir alors découvert, à point nommé, l'explication d'un détail relevant de l'héraldique. Walpole ajoute qu'il est doué pour "ce genre de découverte [qu'il] appelle "serendipity", d'après un conte oriental lu autrefois : les Trois Princes de Serendip, qui découvraient toujours, par accident et sagacité, des choses qu'ils ne cherchaient pas. Par exemple qu'une mule [le conte parle, en fait, d'un chameau], borgne de l'oeil droit, avait suivi le même chemin qu'eux peu auparavant. L'herbe était en effet mangée seulement du côté gauche... où pourtant elle était moins belle que de l'autre."

La définition la meilleure serait donc celle-ci : "don de faire des découvertes par hasard, en cherchant éventuellement tout autre chose, et par sagacité". Sherlock Holmes, normalement, avec son sens de l'observation hors du commun et son esprit de déduction surdéveloppé, aurait dû passer entièrement ses journées à démontrer sa sérendipité en plus de mener ses enquêtes logiques et rationnelles !

 

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"Ciseau" (à la place de "ciseaux") ?

"Peut-on dire "un ciseau" pour désigner une "paire de ciseaux"

 

Non, ce n'est pas possible... Un ciseau est un instrument utilisé pour couper, pour tailler dans le bois, la pierre, etc. Il est tout à fait incorrect de dire : "Donne-moi le ciseau, que je découpe un article dans le journal !". Il faut obligatoirement dire : "Donne-moi la paire de ciseaux", ou : "Donne-moi les ciseaux".

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"antiquité (la plus haute)"

Pourquoi les dictionnaires mettent-ils une minuscule à antiquité dans "la plus haute antiquité" alors qu'ils mettent une majuscule au même mot dans "la haute Antiquité" ?

Cette apparente contradiction repose sur une subtile distinction de signification donnée au mot antiquité... Dans le premier cas, on évoque des temps très très lointains, par un terme commun, par un nom commun. Dans le second cas, il s'agit du nom propre (avec majuscule, donc) s'appliquant à une période précise de l'Histoire : celle couvrant les civilisations anciennes, principalement l'Antiquité gréco-latine. La haute Antiquité est donc la période la plus ancienne de l'ère gréco-latine. 

Cette différence de traitement orthotypographique est défendable, mais un A majuscule dans les deux cas serait satisfaisant...

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"courtisane" = féminin de "courtisan" ?

Le mot courtisane peut-il être employé comme féminin de courtisan, alors qu'il a une acception autre ?...

 

 

Eh bien, non : si courtisane est bien le féminin de courtisan quand ce mot est employé comme ADJECTIF   ("des démarches courtisanes" : c'est-à-dire empreintes de flatterie et de servilité), il n'en va pas de même quand courtisane est utilisé comme nom. Comme on le sait, les deux noms ont un sens différent. Un courtisan est quelqu'un qui appartient à la cour d'un souverain, ou à l'entourage d'un personnage puissant; une courtisane est une femme très légère, voire, carrément, une prostituée (en principe, d'un rang social élevé, mais l'emploi du mot "ratisse" plus large...).

Le courtisan prostitue sa dignité, la courtisane ses charmes...

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"Convoler" signifie-t-il exclusivement "se remarier" ?

 

 

"J'ai lu, dans un ouvrage de difficultés du français, que convoler ne pouvait s'employer qu'au sens de "se remarier" ? Est-ce exact ?...

 

 

Vous avez dû consulter un ouvrage ancien, ou bien une ancienne édition d'un livre qui, entre-temps, a été révisé... Dernière hypothèse : l'auteur est un puriste rigoriste refusant toute évolution de la langue !

Avec P.-V. Berthier, nous indiquions déjà, dans notre Dictionnaire du français pratique, qui remonte à plusieurs lustres, que convoler s'emploie, dans le style plaisant, même pour un premier mariage.

Autrefois, juridiquement, c'est vrai, convoler a signifié très précisément : "se remarier". L'expression usuelle "convoler en justes noces" n'était donc employée qu'à propos de personnes qui se mariaient pour la seconde fois (ou plus !)...

Nous n'en sommes plus là depuis pas mal d'années, et il est tout à fait correct de dire que "Céline et Eric ont convolé [en justes noces] samedi dernier, à Saint-Germain-en-Laye". Et "convoler en secondes noces" n'est plus un pléonasme !

 

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"Quel(le) que" (mode du verbe après)

"J'ai été étonné de lire, dans un journal : "[...] et, cela, quel que sera le résultat de l'élection"... Cette construction est-elle correcte ?

 

Non... Nous avons ici une bévue grammaticale, la formulation est incorrecte. Quel(le) que exige le subjonctif. Pour exprimer le futur dans le subjonctif, il faut employer le verbe accidentellement auxiliaire devoir.  Ici, on corrigera la phrase en : "... quel que doive être le résultat de l'élection".

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"veto (opposer son)"

Le cabinet d'un ministre nous demande si "opposer son veto" est toujours une expression fautive...

La langue évolue et  -  ce faisant  - les étymologies sont de plus en plus perdues de vue. Voyez donc la complète transformation de signification des deux expressions coupes claires et coupes sombres, venues de la sylviculture, des Eaux et Forêts... Aujourd'hui, une majorité de personnes sont persuadées que coupes sombres a toujours désigné des coupes importantes, sévères (alors qu'en réalité il s'agit de coupes peu importantes, laissant les bois et taillis sombres, au contraire des coupes claires, qui, en sylviculture donc, désignent des coupes importantes, aboutissant, par exemple, à la création de... clairières) ! Et qui irait, en 2008, bientöt 2009, condamner l'emploi de saupoudrer de sucre, alors que l'on ne devrait saupoudrer que du... sel (sau) !

 

Rigoureusement, "opposer son veto" est un "superbe" pléonasme (= "opposer son "je m'oppose (en latin)"  ",  du même genre que "secousse sismique" (= "secousse qui secoue") !

Rien n'empêche de continuer à... s'opposer à un pléonasme, même s'il est considéré comme de plus en plus anodin. Les solutions de rechange ne manquent pas : "faire opposition", "mettre son veto", "opposer un refus catégorique", etc.

Pour l'instant, veto s'écrit toujours sans accent aigu sur le "e", mais on prononce "véto".

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"vieillarde" (emploi de)

Une jeune amie hésite à employer "vieillarde", qui, pourtant, existe bien dans la langue...

Beaucoup de mots qui figurent dans les dictionnaires sont à utiliser avec doigté, avec finesse, avec souplesse, avec prudence aussi. Si vieillard est généralement employé de façon neutre, que le mot soit au singulier ou bien au pluriel, il n'en va pas de même de son féminin, vieillarde. Ce dernier mot, en effet, n'est utilisé qu'avec une nuance méprisante, péjorative. Dans quelque texte que ce soit, il faut donc être conscient que le vocable est dépréciatif, voire plus !

Si l'on veut éviter d'exprimer une telle nuance négative, il faut dire (en fonction des degrés de respect ou d'amicale familiarité) : "une femme âgée, une femme très âgée, une bonne vieille, une petite vieille, une vieille dame... (On ne dit pas : "une grand-mère vétuste" ! Attention, aussi, par ailleurs, à la différence de sens entre "sénescent(e)" et "sénile" !)

Au féminin, on redouble le "t" dans le féminin de vieillot  : vieillotte.

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"ingénieur système" (pluriel d')

Une correctrice déplore de ne trouver nulle part, dans aucun des nombreux dictionnaires qu'elle a consultés, la réponse à cette question :"Quel est le pluriel d' ingénieur système ?"

On peut maugréer contre la formation "charabiatesque" de cette dénomination de profession, il n'empêche qu'elle existe et qu'elle est très employée, implantée maintenant dans l'usage.

Je pense qu'il faut opter pour des ingénieurs système : ce sont des ingénieurs particulièrement qualifiés pour s'occuper d'un système informatique, "du" système informatique.

L'usage nous démentira-t-il, au fil des années ?...

 

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 "plier bagage" (pourquoi figé au singulier ?)

On part "avec armes et bagages", selon les dictionnaires, mais ces derniers donnent "bagage" au singulier dans "plier bagage"... Pourquoi ?!

 

Il n'est pas possible de donner une explication cartésienne, logique, pour tous les choix orthographiques qui se sont imposés au fil des siècles, qui ont été entérinés par l'usage...

Essayons tout de même d'apporter une réponse : dans les expressions anciennes

comportant avec armes et bagages, on fait porter l'accent sur la grande quantité de matériels, sur la totalité de multiples choses : "se rendre avec armes et bagages", c'est accepter une entière défaite, où l'on remet au vainqueur vraiment toutes les choses.

Dans plier bagage, on entend par le dernier mot  -  au singulier  -  les effets, les objets que l'on emporte avec soi lors d'un voyage, d'une expédition. L'emploi de ce singulier est ancien : "Elle avait pour tout bagage une malle et un carton à chapeau"; "Son unique valise contenait tout son bagage"; "le bagage du soldat se compose de...". Le mot a donc été régulièrement employé au singulier, naguère, non pas pour désigner une mallette, un coffre, une valise (d'où, aujourd'hui, "les bagages" = les valises, les paquets, etc.), mais l'ensemble d'UN attirail, d'UN fourbi, contenants et contenus compris. De là vient le singulier dans plier bagage.

 

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alinéa américain (l')

"J'ai entendu parler d' "alinéa américain", mais je ne comprends pas ce que cet alinéa pourrait avoir comme différence avec l'alinéa normal ?", s'interroge un enseignant alsacien...

C'est parce que l'on a en tête qu'un alinéa est une ligne forcément en retrait, qui commence un paragraphe... Rappelons que le mot est le plus souvent utilisé pour désigner, par extension, le paragraphe lui-même, la partie de texte comprise entre deux... alinéas.

En réalité, on pratique dans l'imprimerie deux sortes d'alinéas :

a) l' "alinéa français", ou "traditionnel", qui, chaque fois, marque un renfoncement (d'un ou plusieurs cadratins), le texte étant composé en retrait au début de la première ligne;

b) l' "alinéa américain", qui supprime le renfoncement et fait repartir "au fer" la ligne du nouveau paragraphe.

La seconde méthode offre l'avantage de gagner un peu de place, mais a l'inconvénient de parfois noyer l'alinéa dans le texte. Aussi est-il recommandé de pratiquer toujours, si possible, une "ligne creuse" (ne couvrant pas toute la justification) avant d'aller à la ligne pour un nouveau paragraphe.

 

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 "Comparaître" construit avec l'auxiliaire "être" ?

 

"Peut-on conjuguer le verbe comparaître avec l'auxiliaire être?", demande un de nos correspondants.

 

Littré établissait une distinction, et sans doute s'appuyait-il sur les usages qu'il avait notés à son époque : "  Comparaître se conjugue avec l'auxiliaire avoir s'il s'agit d'exprimer l'acte de comparution : "Il a comparu devant le tribunal et a été acquitté". Il se conjugue avec l'auxiliaire être s'il s'agit d'exprimer l'état de comparution : "Cette femme est comparue devant le tribunal, et en ce moment même on l'interroge".  "

Cette nuance qui remonte à plus d'un siècle n'est peut-être pas complètement abolie, mais ne nous ne l'avons trouvée dans aucun article de presse contemporain...

 

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"Chaûry"  ?...

 

"A-t-on autrefois usé de la contraction dans les toponymes ?... Je n'ose croire que, dans une citation d'époque se référant à La Fontaine, on ait écrit "Chaûry" pour "Château-Thierry" !!  Initiative personnelle du scribe pour aller plus vite ?..."

 

 

Il est pourtant exact qu'autrefois, en France, la contraction toponymique entrait dans les actes officiels ! Ainsi, en Bretagne, l'élément "Ker" était remplacé par un "K" majuscule rayé par une barre de fraction.

Le cas que vous mentionnez nous est connu : dans le contrat de vente, en 1676, de la maison de Jean de La Fontaine, il est écrit : " [...] seize en la rue des Cordeliers dudict Chaüry".

 

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accord en genre avec "dupe" (l')

 

"Comment faire quand dupe désigne un homme, et qu'il faut accorder un adjectif ?"

 

 

Dupe, en tant que nom, est exclusivement féminin; en tant qu'adjectif, ce mot est des deux genres... : "Je suis dupe de ses roueries" peut être dit aussi bien par un homme que par une femme.  

En son emploi substantif, il faut toujours dire "la dupe". Un homme dira donc : "Je suis la dupe de cet escroc". Il faut donc veiller, dans un texte écrit, à l'accord éventuel des mots qui suivent, afin d'éviter des phrases "capillotractées" ("tirées par les cheveux" !). Par exemple, il n'est pas des plus correct de dire : "Je devinai tout de suite LA dupe idéale, et le fait est qu'IL ne s'est pas méfié". Il faut s'arranger pour neutraliser le piège : "Je devinai tout de suite en CET HOMME la dupe idéale, et le fait est...". Dès lors, tout est normalisé : il (et méfié) ne s'applique pas à dupe, mais à cet homme...

 

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prononciation de "pupille"

 

Nom féminin au sens oculaire, pupille est masculin au sens d' "orphelin assisté". Il faut dire, en principe, "pupile", comme s'il n'y avait qu'un "l"... Et, effectivement, des poètes classiques en ont tenu compte, tel V. Hugo dans Dieu("Les voix") [remarquer au passage l'élision du "s" final de "Thèbes", pour la métrique] :

 

     Va de Thèbe Heptapyle à Thèbe Hécatompyle;

      Eblouis-toi d'énigme et d'effoi la pupille.

 

Les choses ont évolué... On entend aujourd'hui la prononciation "ye" pour toutes les acceptions; surtout au sens oculaire. Lorsque le mot est masculin, l'usage est un peu plus partagé, et la prononciation "ile" demeure...

 

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 "Côte d'Argent" (origine de cette dénomination)

On sait que "Côte d'Azur" est un nom créé par le préfet, puis député Liégeard  -  le fameux préfet "aux champs" dépeint par son ami Alphonse Daudet  -, mais sait-on qui a inventé le nom de "Côte d'Argent" ?

Tout comme Côte d'Azur, Côte d'Emeraude, Côte d'Albâtre, etc., Côte d'Argent s'écrit avec deux majuscules, sans trait d'union, et ne se guillemette pas (la mise en caractère italique, ici, est dû au fait que ces mots sont des mots autonymes, cités comme exemples).

C'est un journaliste bordelais, Maurice Martin, qui, en 1905, a créé cette appellation touristico-géographique, parce que, sur cette côte aquitaine qui va de la pointe de Grave à Hossegor et Capbreton, "... la vague éternelle, tantôt calme et tantôt courroucée, vient déposer sa frange argentée au pied des dunes immaculées".

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sortie(s) "en salle" ou "en salles" ?

Une correctrice, un peu désorientée par les contradictions entre auteurs,entre journalistes, voire entre ouvrages de référence, nous demande s'il faut mettre le singulier ou le pluriel à "salles" ...

Traditionnellement, l'usage orthodoxe est d'employer le singulier dans les expressions sortie(s) en salle, sortie(s) en librairie, etc. Mais c'est là un "bon usage" de naguère, semble-t-il, puisque le propre du "bon usage" est d'évoluer constamment sur tel ou tel point... En 2008, l'usage courant est d'adopter le pluriel : la sortie en salles, en librairies, parce que les usagers de la langue  voient concrètement la projection d'un film dans des salles de cinéma, la distribution d'un livre par les libraires, dans les librairies...

 

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arbuste ou arbrisseau ?

 

Une amie bretonne soucieuse de précision voudrait savoir s'il faut établir une nette distinction entre arbuste et arbrisseau...

 

Ces deux termes embarrassent beaucoup de monde, à commencer par les lexicographes, si l'on en juge par les divergences relevées au sein des dictionnaires ! Est-il sûr que les botanistes eux-mêmes soient d'accord entre eux ?!...

Nous référant à des spécialistes des jardins, nous avancerons que l'arbuste est un végétal ligneux qui, au lieu de s'élever sur une seule tige, tend plutôt à former un buisson, et que l'arbrisseau est intermédiaire entre l'arbre et l'arbuste.

Les jardiniers appellent parfois "sous-arbrisseau" un arbuste peu élevé; en langage spécialisé, il s'agit en réalité d'une plante vivace de petite taille ayant des tiges lignifiées à la base mais herbacées à leur extrémité, et qui meurent tous les ans. Le "sous-arbrisseau" est dit "suffrutescent" (ou "chaméphyte"); ses tissus sont intermédiaires entre le ligneux et l'herbacé.

 

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bovidé, bovin, boviné

"Y a-t-il une différence entre bovidé, bovin et boviné ?", nous demande un lycéen. 

Oui : seuls bovidé et boviné sont des acceptions scientifiques zoologiques, les bovinés formant une sous-classe des bovidés. Quant à bovin, il désigne exclusivement le produit du taureau domestique. Le buffle fait partie des bovinés, comme le boeuf, dans la classification zoologique; mais il ne se range pas parmi les bovins. On peut donc écrire : "Sri Lanka possède 2 millions de bovins et un million de buffles".

NB : la femelle du buffle est dite bufflesse ou bufflonne.

 

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crachoter : verbe transitif ?...

"Les dictionnaires que j'ai consultés donnent crachoter intransitif, c'est-à-dire uniquement employé au sens absolu, sans complément. Ne pourrait-on pas, cependant, l'employer transitivement : "crachoter des bêtises", par exemple ?", nous demande un scénariste-dialoguiste.

Effectivement, l'usage fait de crachoter un verbe se construisant au sens absolu : "ce vieillard crachote constamment"; "ce vieil appareil de radio crachote"...

Il semble difficile, par exemple, d'admettre "crachoter des noyaux de cerises", même en se montrant compréhensif à l'égard d'un auteur qui voudrait "élargir" le langage. Car, littéralement,  la signification serait : "cracher souvent, et peu à la fois, des noyaux" ...  On admettrait plus facilement, pensons-nous : "Il crachotait avec difficulté quelques mots". Pourquoi pas ?...

 

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"Quiconque" comme sujet

"Doit-on vraiment n'employer "quiconque" que comme sujet  ?",nous demande un élu de la République.

Le mot quiconque revient assez souvent dans des textes officiels, et la question est légitime... D'autant plus légitime qu'il y a deux avis !

 

Ce pronom indéfini, qui n'a pas de pluriel, doit  -  selon les puristes  -  être obligatoirement un sujet : "Quiconque aura enfreint la loi...". Selon eux, toute autre construction est incorrecte, telle la phrase suivante : "Je ne me fierais jamais à quiconque en pareille circonstance !". Il faudrait, ici, écrire : "Je ne me fierais jamais à qui que ce soit...".

En revanche est excellente, en toute rigueur, la formulation ci-après : "Je ne me fierais jamais à quiconque ne me donnerait pas des garanties suffisantes", car ici quiconque est sujet d'un verbe (donner).

Cette façon d'écrire est assurément toujours la plus pure, et l'on ne peut que la recommander. L'usage  -  ce grand maître qui finit par tout imposer  -  tranchera peut-être au fil des années en faveur du "ad libitum", voire en faveur de la construction aujourd'hui encore critiquée.

 

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prononciation d' "asthme"

Faut-il, ou non, faire entendre le "t" dans ce mot ?, s'interroge un adhérent de Défense de la langue française.

Non : comme dans "isthme", on ne prononce pas le "th" dans le nom MASCULIN "asthme".  -  En conséquence, Jean Richepin ("la Chanson des gueux", poème "Variations d'automne sur l'orgue de Barbarie") a raison de faire rimer "asthme" avec un mot en "-asme" :

 

          Car la voix, jetant un sarcasme,

           Etouffe dans un accès d'asthme

           [...]

 

Idem pour "asthmatique", naturellement.

 

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"guère" suivi d'un singulier ?

Faut-il, ou tout du moins peut-on, faire suivre l'adverbe "guère" d'un mot au singulier, quand ce dernier terme désigne autre chose qu'une matière non dénombrable ?, nous demandent des amis belges appartenant au milieu des férus de dictées.

 

Après avoir tout d'abord salué cordialement ces fanas d'orthographe, voyons ce qu'il en est...

"Guère" signifie "pas beaucoup"... Si l'on dit, par exemple : "Il n'est pas beaucoup de politiciens qui ne soient exposés à la corruption", il est évident pour tout le monde que le pluriel à "politiciens" est obligatoire (donc pour les accords qui en découlent). Puisque "guère" est un synonyme  de "pas beaucoup", il faut alors écrire aussi : "Il n'est guère de politiciens qui ne soient exposés à la corruption". Il n'est pas logique, pas licite, d'écrire : "Il n'est guère de politicien qui ne soit...".

 

Le pluriel doit donc être la règle chaque fois qu'il est question d'êtres ou de choses dénombrables : "Il n'y a guère de nuages dans le ciel, maintenant !"; "Je n'ai plus guère de pommes dans mon verger"...

 

En revanche, "guère de" doit être suivi du singulier chaque fois qu'il est question de choses non dénombrables, soit qu'il s'agisse d'une matière fluide ou pulvérulente : "Tu n'as guère mis de sel dans ce potage", ""Ils n'ont guère d'eau, dans ce pays !"; soit que le propos roule sur des sentiments ou des abstractions : "On ne trouve guère de fantaisie dans cette pièce ni d'imagination chez son auteur".

 

Le raisonnement ci-dessus permet de marquer des intentions. Par exemple : "Il n'y a guère de raison dans vos arguments". Avec "raison" au singulier, cela veut dire que ces arguments sont peu raisonnables, que la raison ne les caractérisent pas spécialement; avec "raisons" au pluriel, on veut dire que les arguments sont dénués de motifs, qu'on n'a pas cherché à les étayer par de convaincantes démonstrations. 

 

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accord avec "1, 90", etc.

Têtue, une correspondante soutient mordicus qu'avec "1, 30", "1,55", etc., on accorde au pluriel...

Désolé, mais il n'est pas possible d'entériner un accord illogique ! C'est un faux raisonnement, un raisonnement vicié, que de dire : "1,30 ou 1,85, c'est plus de 1, donc il faut accorder au pluriel !"

Eh bien non : "1,30", "1,55" et même "1,99999999999999", cela fait moins de 2 ! Et c'est seulement à partir de deux unités que l'on entre dans le pluriel. Les seules graphies logiques, licites et obligatoires sont donc : "1,56 million d'euros"; "1,90 mètre"; "1,45 hectare", etc.

 

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 "nouvelle vague (la)"

 

"Quel traitement orthotypographique doit-on adopter pour le groupe de cinéastes français que l'on désigne par "nouvelle vague" : Truffaut, Godard, Chabrol, Demy...?", nous demande une amie éditrice.

 

 

La question porte donc sur le choix entre des minuscules ou des majuscules, le recours à l'italique, la mise entre guillemets, etc., pour cette dénomination bien connue. La perplexité de notre correspondante est bien légitime : le Petit Larousse illustré n'a-t-il pas une entrée intitulée nouvelle vague, en caractère gras, avec deux minuscules et sans guillemets, alors qu'à l'article "Truffaut" ce même dictionnaire écrit "nouvelle vague" avec deux minuscules ET des guillemets.

 

- La mise en italique  ne serait pas orthodoxe; de plus, l'italique sert déjà pour beaucoup de choses. Nous écartons cette option.

 

- L'adjectif précédant le nom dans cette dénomination, deux majuscules peuvent être indiquées dès lors que l'on voit ici un surnom, donc un nom propre, d'école, de cercle, de chapelle du cinéma. D'où :

 

                 Godard, Chabrol et Truffaut demeurent les têtes de proue de la Nouvelle Vague...

 

- La variante "Nouvelle vague" est à exclure : derrière l'adjectif en majuscule on ne saurait avoir un substantif avec une minuscule. L'autre variante "nouvelle Vague" est à rejeter : ce n'est pas le troisième ou quatrième  avatar d'un mouvement s'appelant "Vague". 

 

- La version avec deux minuscules sans guillemets n'est pas satisfaisante : l'expression est alors complètement banalisée, ne désigne pas précisément ce petit groupe de cinéastes; elle peut s'appliquer à n'importe quelle mouvance censée apporter du nouveau... Mais le contexte l'explicite !, nous objectera-t-on. Cela n'est pas certain, et dépendra de la formulation des phrases...

 

- Reste une variante très acceptable : la mise entre guillemets, en laissant deux minuscules... Deux minuscules si l'on se dit que ce n'est pas vraiment une dénomination officielle, mais un surnom donné à ce groupe par des journalistes. Les guillemets précisent alors de qui il s'agit, ce ne peut plus être une... vague dénomination.

Personne n'y verra des guillemets-"pincettes" signifiant qu'il ne s'agit nullement d'une "nouvelle" vague...

 

-  Le cumul deux majuscules plus guillemets est excessif, et ne peut être retenu.

 

 

 

"faux derche" ou "faux derch" ?

 

L'orthographe de l'argot comporte souvent des variantes avant que ne s'impose éventuellement une graphie que ratifient les dictionnaires, ou, du moins, une partie d'entre eux. Un internaute nous demande, ainsi, comment il faut écrire "derch(e)"...

 

 

"Derj" (variante délaissée), "derch" ou "derche" est un nom masculin usité dans la locution "faux derch(e)", au sens de "faux jeton, traître, hypocrite, individu pas franc du collier"... et de "faux cul" ("derch(e)" signifiant "derrière", selon des argologues).

Aujourd'hui, la graphie "derche" s'est imposée.

 

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verbe "bréher"

 

Existe-t-il réellement un verbe "bréher" ?, nous demande-t-on.

 

 

Il y a de quoi s'interroger, en effet, sauf si l'on est... maréchal-ferrant. Car "bréher" existe, et désigne le fait de fixer un fer au sabot d'un cheval. On dit beaucoup plus couramment : "ferrer un cheval" !

C'est peut-être le seul verbe se terminant en "-éher"... Sa conjugaison régulière donne : "je bréhe, nous bréhons; je bréhais, nous bréhions; je bréhai, nous bréhâmes; que je bréhe, que nous bréhions; que je bréhasse, que nous bréhassions; bréhe !, bréhons !; bréhant, bréhé..." !

 

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"buvoter" : un verbe transitif indirect ?

 

 

Est-il interdit d'écrire "buvoter son apéritif" ?, nous demande un auteur de romans et de nouvelles.

 

 

"Buvoter" (un "t") est donné comme un verbe intransitif, c'est-à-dire, dans la nouvelle terminologie, un verbe transitif indirect... Il en découle que son participe passé est invariable.

MAIS cela est contestable !  Etant donné que "buvoter" veut dire : "boire à petits coups", et que le verbe "boire" est... transitif direct (boire de la bière, un petit coup, un verre, une fine champagne...), on ne voit pas du tout pourquoi il serait interdit, parce que incorrect, d'employer "buvoter" transitivement !

Notre avis est qu'il est licite, parce que correct, de dire et écrire : "buvoter son demi de gueuze", "buvoter un apéritif"... Dans ce cas, naturellement, le participe passé devient variable : "Il flottait dans l'air les arômes mêlés des apéritifs que les anciens avaient buvotés tout en jouant aux cartes".

 

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"rectitudinaire" : barbarisme ?

 

Un internaute s'étonne d'avoir trouvé le mot "rectitudinaire", qu'il compare à "bravitude" (dont on a beaucoup parlé !), et voit dans ces deux mots des barbarismes à condamner...

 

A notre connaissance, l'adjectif "rectitudinaire" a été forgé par le linguiste Julien Teppe, auteur de "Caprices du langage", un ouvrage très intéressant.

C'est d'ailleurs dans ce livre qu'il se justifie d'avoir créé et introduit ce mot dans un de ses romans par le fait qu'il n'en existait pas d'autre qui pût exprimer la nuance désirée, "hormis le désuet "droiturier", cher à Montaigne mais insuffisant dans la mesure où la rectitude se différencie de la droiture".

Le terme n'a pas fait florès, et il est même étonnant qu'on puisse le trouver dans un texte... Quant à "bravitude" exprimant une autre notion ("attitude marquant la bravoure", par exemple) que "bravoure", cela peut éventuellement s'admettre, dès lors que ce mot est employé sciemment, à bon escient...

 

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partisans de Ségolène Royal : "royalistes" ou "Royalistes" ?

Une charmante jeune consoeur journaliste se demande si, afin d'éviter des confusions, il ne faudrait pas mettre une majuscule à "Royalistes" quand il s'agit des partisans de Ségolène Royal...

Non, le contexte, en principe, éclaire suffisamment les lecteurs pour que ceux-ci ne prennent pas les supporte(u)rs socialistes de Ségolène Royal pour des adeptes de la monarchie !  De plus, cela romprait l'uniformité qui règne pour "jospiniens" ou "jospinistes", "fabiusiens", "strauss-kahniens", "delanoïstes", "mitterrandiens", etc.

On devrait voir réapparaître "aubryistes" (plutôt que "martinistes"), aussi.

 

"Ségolistes" est parfois employé, voire "ségolénistes", mais cet usage est très minoritaire. Le... "courant"  (A, B, C, ou Z !!) ne passe pas entre ce terme et les médias.

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<< Nouvelle zone de texte >>

"Lagon" ou "lagune" ?

Une de nos anciennes élèves correctrices s'interroge sur l'éventuelle synonymie de "lagon" et de "lagune", car elle dit ne pas s'y retrouver après avoir consulté un certain nombre d'ouvrages...

Il est vrai que la lecture de différents dictionnaires (tout court) et dictionnaires de difficultés laisse perplexe ! 

Le nom commun masculin lagon ne s'emploie que pour désigner une étendue d'eau marine enfermée ou séparée par des formations coralliennes.

Le Grand Larousse encyclopédique en 10 vol. + 2 estime que ce mot, qui vient de l'espagnol lago, "lac", "désigne aussi bien la nappe d'eau enfermée par un atoll que celle qui se trouve entre un récif-barrière et la côte". Mais Robert a déclaré "abusive" l'acception "lagune centrale d'un atoll". Ce qui est tout le contraire d'A. V. Thomas, Dictionnaire des difficultés de la langue française, qui dit : "Un lagon est l'étendue d'eau qui occupe le centre d'un atoll (en ce sens, il est souvent confondu avec lagune) ".

Le Petit Robert remarque : "lagune [...], étendue d'eau centrale d'un atoll (parfois confondu avec lagon)". Si l'on va chercher dans Quillet, on y voit que le lagon est une nappe d'eau qu'isole plus ou moins un cordon corallien côtier, ou bien que c'est le petit lac central d'un atoll !

On le voit : la terminologie n'est pas très unifiée... Contradictoire, même. Si l'on se reporte au volume Océanie de la fameuse Géographie universelle de P. Vidal de La Blache et L. Gallois (A. Colin, Paris, 1930), on constate que le seul mot utilisé par l'auteur (Paul Privat-Deschanel) est lagune.

Notons au passage que lac, lagune et lagon (... et même lacune) ont une seule et même origine latine (lacus, "lac") et grecque (lakkos, "bassin"), d'où lagon est arrivé en français par l'espagnol et lagune par l'italien, tandis que l'allemand adoptait Lagune et l'anglais lake et lagoon...

 

Devant les contradictions entre lexicographes, qui reflètent évidemment des emplois divers du mot lagon, nous nous en tenons donc à la définition que nous donnions de ce mot au début de notre réponse.

Quant à lagune, nous dirons que l'on entend généralement par ce terme une étendue d'eau marine isolée par un cordon littoral, ou un petit lac s'inscrivant dans un lieu marécageux.

 

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prononciation de "lacs"

 

"Lak" ou "la" : quelle est la prononciation correcte du mot "lacs" ("tomber dans le lacs") ?  Telle est la question émanant du secrétariat général d'une municipalité du sud de la France...

 

Le mot "lacs" (qui prend un "s" final même quand il est au singulier) est de la famille de "lacet", et désigne un cordon, un collet de chasse ou de braconnage. Il se prononce "lâ", le "c" et le "s" étant muets (comme dans "entrelacs").

La mauvaise prononciation est due à la confusion entre "tomber dans le lacs" (= tomber dans le piège) et "tomber dans le lac" (= tomber à l'eau, échouer [projet, affaire, etc.] ).

 

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<< Nouvelle zone de texte >>

ès qualités

 

Faut-il vraiment mettre "qualités" au pluriel dans "ès qualités", s'étonne une consoeur journaliste d'un journal hebdomadaire de l'Ouest...

Mais oui : il n'y a pas d'exception !  Du fait que "ès" est la contraction de "en" plus "les", cette préposition doit forcément, et toujours, précéder un mot au pluriel, que ce soit dans "docteur ès sciences", "expert ès fromages" ou "agir ès qualités" !

 

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"ovalie(l')"

Peut-on mettre une majuscule à "Ovalie" ?, nous demande une jeune journaliste...

Pour les férus de rugby, le monde du ballon ovale s'appelle l' "Ovalie". Ce mot devient donc en quelque sorte le nom propre de cette planète sympathique, et la capitale s'impose, rendant superflus (mais non interdits), dans ce cas, les guillemets. Adopter la graphie avec minuscule initiale n'est pas interdit, mais alors la mise entre guillemets est nettement à préférer. 

 

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"Carlamania"

 

Faut-il mettre une majuscule à "Carlamania" ?, les correcteurs d'un quotidien régional sont divisés et posent la question...

 

L'engouement pour une personne ou pour une chose peut aller jusqu'à la passion, et dans ce cas on peut voir arriver dans les médias des mots se terminant en "-mania", cet élément exprimant une "folie"... (cf. "Nous sommes fous de théâtre, de Schubert, des films de Tati, de chocolat amer", etc.).

Lorsque le mot ainsi créé est forgé sur un nom propre, la majuscule est obligatoire ! Il faut donc écrire : la Carlamania, la Ségolomania, la Sarkomania, l'Obamamania, etc. On peut, de plus, mettre ces termes entre guillemets...

En revanche, à part quelques cas d'espèce, peut-être, lorsque ces termes sont bâtis d'après un nom commun ils s'écrivent sans majuscule, et il est préférable de les mettre entre guillemets : on note une "pizzamania" chez les bobos parisiens.

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Maison d'Orange, d'Autriche, d'Espagne...

Des correctrices d'un hebdomadaire se demandent s'il faut mettre une majuscule à "Maison" dans les expressions "Maison de Hollande", "Maison d'Autriche", "Maison d'Espagne"...

L'orthotypographie est une matière qui exige de la rigueur, une grande rigueur, mais à laquelle doit être associé un bon zest de souplesse au regard des divers contextes...

Dans des ouvrages d'histoire, dans des journaux consacrés au gotha, dans des articles spécialisés, on peut accepter de bonne grâce la capitale à "Maison", bien que cela ne soit pas une obligation... En dehors de ces cas d'espèce pour lesquels on peut montrer de la compréhension, la minuscule doit être la norme.

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"à facettes"

Faut-il toujours mettre "facettes" au pluriel quand ce mot est précédé de "à" ?

Oui : "des yeux à facettes", "un style à facettes", "des mots à facettes", "une femme à facettes"...

 

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"une marennes"...

Faut-il vraiment, s'agissant de l'huître, écrire "une marennes" ?, s'étonne une amie de Rennes.

 

Eh oui : le nom de la commune de Charente-Maritime à juste titre rendue célèbre par ses excellentes huîtres devient ici un nom commun obtenu par ellipse... Une "marennes" = une "huître élevée à Marennes", la minuscule devient obligatoire (cf. "un camembert" pour "un fromage de Camembert") et le maintien du "s" final est également une obligation logique.

Attention à l'homonyme "marraine" : "Ma marraine d'Oléron nous a envoyé une bourriche de marennes"...

Il existe des paronymes qui sont homographes entre eux : LA Maremme est une région d'Italie, du latin "maritima" : "terre située près de la mer", tandis que LE Maremme est un pays aquitain situé entre le Marensin, le Seignant et la Chalosse. . 

Accord du complément de nom

Un correspondant de Bruxelles voudrait savoir s’il faut écrire « des chefs d’États » ou bien « des chefs d’État »…

 

La graphie correcte – parce que logique – est  « des chefs d’État » : chacun de ces hauts personnages est à la tête d’un seul pays. De même, un chauffeur de taxi ne conduit qu’un taxi à la fois, ce qui justifie l’orthographe de « un (des) chauffeur(s) de taxi ».

 

On a donc logiquement, par exemple :  « des chefs d’État africains », mais : « les chefs des États africains »…

 

 

Majuscule ou minuscule

Une jeune correctrice nous demande s’il faut, ou non, mettre une majuscule au mot histoire dans la phrase suivante :  « Tout au long de l’histoire, l’art turc a toujours appris […].

 

Oui, car ici le terme est pris au sens absolu – ce qui en fait un nom propre – de « histoire du monde depuis la Création, depuis la naissance d’une nation »… Le mot n’a pas, en la circonstance, l’acception de « récit d’une aventure, compte-rendu d’un fait, anecdote… ».

 

Donc, bien faire la différence entre : « Ce genre de soulèvements paysans est survenu souvent dans notre Histoire » et « Le recours aux quiproquos est excessivement pratiqué par cet écrivaillon dans son histoire ».

 

 

Expression correcte

Une consœur de la presse quotidienne régionale s’interroge sur la correction de la formulation « du point de vue santé »…

 

En français correct, de bon niveau (c’est-à-dire sans relever pour autant du langage châtié, considéré comme « littéraire »), les constructions « au point de vue » et « du point de vue » (où « vue » est figé au singulier) doivent être suivies :

1) ou bien d’un adjectif (« au point de vue financier, du point de vue moral ») ;

2) ou bien d’un nom précédé de « de » (« au point de vue de la réforme des statuts », « du point de vue de la morale »).

 

 

« Aussi » ou « non plus »

Par courriel, un correspondant demande si la phrase : « Accessoirement, je ne refuse pas aussi de rendre quelques menus services personnels » est correcte

 

Non, cette phrase n’est pas correcte, parce qu’il faut se souvenir que l’adverbe « aussi » ne s’associe qu’à une proposition affirmative. Ici, il faut écrire : « Accessoirement, je ne refuse pas non plus de […].

 

 

« Aucun » (accord avec)

Lorsque « aucun » est répété, ne faut-il pas maintenir le verbe au singulier ?, s’interroge une de nos amies de Loire-Atlantique…

 

Mais oui, bien sûr :  Plusieurs « aucun » additionnés égalant… zéro, l’accord du verbe se fait obligatoirement au singulier !  Ainsi, dans : « Aucun ouvrier, aucun employé n’est venu encore retirer son badge ».

 

L Un mauvais exemple est passé récemment dans un hebdomadaire, où l’on pouvait lire : « […] aucun contrôle, aucun recours ne seront possibles contre les abus ». Puisqu’il ne peut y en avoir aucun, l’accord au pluriel est intolérable, est illicite. IL FALLAIT écrire : « ne sera possible ».

 

 

Pléonasmes

Peut-on me reprocher d’écrire  « il faut s’assurer qu’ils n’ont pas dans le sang  un taux d’alcoolémie supérieur à… » ?, se demande une correspondante du midi de la France.

 

Eh bien oui, car c’est là un pléonasme, c’est-à-dire cette faute de langage consistant à employer des mots ou expressions inutiles. Les pléonasmes usuels les plus banals sont : « voler dans l’air », « construire des maisons neuves », « nager dans l’eau », « dune de sable », « s’entraider mutuellement », etc.

Le suffixe « -émie » (de même que le préfixe « héma- », « hémo- ») représente la racine grecque « hémaitos », qui signifie « sang », de sorte qu’  « alcoolémie »  veut dire « présence d’alcool dans le sang ». (Cf. « urémie » = « présence d’urée dans le sang », etc.)

 Il faut donc dire, dans ce cas :  « un taux d’alcool », puisqu’il était précisé « dans le sang ». De plus, « taux d’alcoolémie » est également pléonastique, car le dernier mot a aussi pour acception « taux d’alcool dans le sang ». On peut donc écrire, plus simplement : « … qu’ils n’ont pas dans le sang une alcoolémie supérieure à… ».

 


Stupéfait, stupéfié

Je ne comprends pas pourquoi il ne faut pas dire : « le désordre de la chambre avait stupéfait la grand-mère », s’étonne une internaute de Paris…

 

On ne peut pas utiliser « stupéfait » à la façon d’un participe passé… puisqu’il n’y a pas de verbe « stupéfaire ». C’est « stupéfié » (participe passé du verbe transitif « stupéfier ») qui convient : « … avait stupéfié la grand-mère ».

En revanche, il est parfaitement correct de dire : « J’ai été stupéfait [= adjectif] tant ce spectacle était impressionnant ». Sinon, il faut : « Ce spectacle impressionnant m’a stupéfié ».

 

 

Pluriel ou singulier

Pouvez-vous me confirmer que la phrase suivante : « Dans un de ces gestes qui lui est familier, le ministre attrape le bras de son interlocuteur », demande un secrétaire de rédaction d’une revue mensuelle…

 

Oui, l’accord avec « est » est une… hénaurmité, comme écrivait Flaubert. Ou bien on écrit : « Dans un geste qui lui est familier… », ou bien l’on accorde au pluriel : « Dans un de ces gestes qui lui sont familiers… ».

 

 

Étymologie

Certes, ma question ne porte pas sur un vocable français, mais je me permets quand même de vous demander si vous connaissez l’origine du mot italien « barbagliata », qui désigne un mélange de café et de crème. Ce mot viendrait d’un nom propre de personne…

 

Question pointue, mais intéressante ! Effectivement, voici un exemple de nom commun (féminin) formé à partir d’un nom propre, d’un patronyme. La « barbagliata » est, très exactement, un mélange de café, de crème et de chocolat, créé au XIXe siècle au café du Théâtre, devant la Scala, à Milan, par l’imprésario Domenico Barbaja (d’où son nom), protecteur de Donizetti, de Bellini et de Rossini (… lequel lui ravit les faveurs de la cantatrice espagnole Isabella Colbran, qu’il épousa plus tard).

 


Prononciation

Faut-il prononcer le « t » final de « fort » dans l’expression « fort aimable » ?…

 

Non, la liaison se fait avec le « r » (et non avec le « t ») : « Il est for-aimable ». La prononciation du « t » est donc réservée au féminin « forte ».

Au masculin pluriel, le « s » ne se lie pas non plus ; Littré donne l’exemple : « des hommes for[ts] et hardis ».

 

 

Accord du participe passé de « coûter »

Je ne comprends pas bien pourquoi le participe passé de « coûter » ne s’accorde pas toujours avec le complément qui le précède… Pouvez-vous me l’expliquer, SVP ?

 

C’est qu’il ne faut pas confondre des compléments d’objet direct avec des compléments circonstanciels…

On accorde selon la règle en usage quand le complément est direct : « Les efforts que ce travail énorme nous avait coûtés » [ce travail avait coûté QUOI ? des « efforts », complément d’objet direct placé devant le verbe, d’où l’accord sur ce COD]. Mais l’on ne doit pas accorder quand le complément figurant devant le verbe est un circonstanciel : « Les

400 000 euros que ce pavillon nous a coûté » [ce pavillon a coûté COMBIEN ? « 400 000 euros », complément circonstanciel (CC), d’où l’invariabilité du participe].

 

Autre exemple, avec une phrase associant les deux cas : « Les 4 000 euros qu’avaient coûté l’ensemble [d’un carillon de huit cloches] avaient été versés par les paroissiens ».

 

 

Attenant, e

J’ai trouvé dans un roman du xixe siècle l’expression « et les édifices y attenant ». L’auteur a-t-il eu raison de laisser l’invariabilité à  « attenant » ?

 

Dans un texte ancien, on peut trouver en effet ce type de non-accord : « les édifices y attenant », « la grange y attenant », car autrefois « attenant » était le participe présent du verbe « attenir ». Depuis longtemps, ce verbe « attenir » (on écrivait aussi « atenir ») n’existe plus, de sorte que « attenant » s’est conservé uniquement comme adjectif, normalement variable. Il faut donc écrire, de nos jours : « les édifices y attenants », « la grange y attenante ».

 

 

« Point » à la place de « non »

Une jeune écrivaine voudrait savoir si l’on peut employer « point », seul, en tant que réponse négative…

 

Oui, cela est licite, mais frise l’archaïsme et/ou la préciosité… Cet emploi doit être en phase avec le contexte : « Viendrez-vous ?  -  Point ! » (au sens de « Non point ! »). L’usage normal contemporain est de répondre tout simplement : « Non ! ».

Au lieu de « pas » et de « ne pas » (loc. adv. et adv. négatifs), on peut dire et écrire « point » et « ne point », mais, encore une fois, cela relève quelque peu de l’archaïsme. Toutefois, « point » est très utile pour éviter la répétition de « (ne) pas » quand celui-ci figure déjà dans la phrase. Exemple : « Je n’ai PAS voulu lui dire de ne POINT se déranger » ; « Je ne lui ai POINT dit que je n’irai PAS à Bruges ». La formulation peut y gagner en élégance. Hors ce risque de répétition, « point » s’emploie encore parfois, tantôt par recherche du bien-dire (« Ne vous troublez point, chère amie »), tantôt, au contraire, par imitation du parler campagnard (« J’irons point à la fouère ! » ; « Tout ça, c’est bien beau… mais c’est point tout ! »).

 

 

« Supplanter » / « suppléer »

Quelle différence y a-t-il précisément entre « suppléer » et « supplanter » ?, nous demande une étudiante de 1re.

 

Ces verbes paronymiques n’ont pas le même sens. Si l’on remplace momentanément un collègue absent, on le « supplée ». Si l’on prend sa place, parce que l’on est jugé meilleur, plus sérieux, etc., que lui  -  ou parce que l’on a intrigué pour l’évincer !  -,  on le « supplante ».

« Supplanter » est exclusivement transitif direct, tandis que « suppléer » admet aussi un complément indirect : « son ingéniosité supplée à son inexpérience ».

 

 

Sigle militaire : « RPIMA », « R.P.I.M.A. », « RPIMa », ou… ?

Les événements tragiques survenus au Pakistan [la mort de plusieurs soldats français] ont fait que le sigle « RPIMA » a figuré dans de nombreux articles de presse et dans des incrustations, à la télévision. Or plusieurs de nos correspondants s’agacent d’avoir relevé des graphies divergentes à longueur de journée ! Quelle doit être l’orthographe exacte : « R.P.I.M.A. », « RPIMA », Rpima », « RPIMa », « R.P.I.Ma. »… !!?

 

L’ignorance, le manque de rigueur, sont à l’origine de nombre de graphies fautives relevées dans les médias. Au temps où l’on écrivait les sigles avec des points, ce qui apportait une grande précision, on écrivait : « le 3e R.P.I.Ma. », « le 21e R.I.Ma. », etc., pour désigner par abréviation le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine, le 21e régiment d’infanterie de marine, etc. N’étant pas l’initiale d’un mot, mais seulement la deuxième lettre du mot « marine », le « a » doit être en minuscule, même depuis que l’on a renoncé, pour alléger les textes mais au détriment de la précision, à mettre les points d’abréviation. La seule graphie correcte est donc : « le 3e RPIMa » (encore une fois, par une simplification abusive qui contribue à faire disparaître la signification des sigles, nombre de médias écrivent « RPIMA, RIMA, RBIMA, DIMA », etc.)

 

 

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Cri de la poule

On m'a dit qu'il existait un verbe spécifique employé pour parler du cri de la poule qui vient de pondre... Est-ce vrai, ou bien s'agit-il d'une plaisanterie ?!..., demande une internaute de Libourne (Gironde).

 

 

 

Non, on ne vous a pas "monté un bateau" : il existe bien un verbe dont l'acception est : "crier, en parlant de la poule qui vient de pondre". Ce verbe figure dans Littré, Bescherelle, Quillet... Il s'agit de crételer, qui se conjugue comme suit : la poule crételle, crétela, crételait, crétellera, crétellerait (comme appeler, donc). Le participe passé reste invariable.

 

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Fontaine ubérale

Que peut bien être une "fontaine ubérale" ?!...  C'est ce que nous demande un correspondant de Chamalières, en Auvergne.

 

 

 

L'adjectif ubérale n'existe qu'au féminin. Ce qui se comprend lorsque l'on aura lu la suite : une fontaine ubérale est une fontaine ornée de la statue d'une femme ou de plusieurs statues de femmes lançant des jets d'eau par leurs seins (latin uber : "sein").

Il n'y a aucun rapport, évidemment, avec... l'allemand über alles !

 

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babine (toujours au pluriel ?)

Pourquoi certains dictionnaires mentionnent-ils le mot babine en tant que nom féminin singulier alors que ce mot est toujours employé au pluriel ?, nous demande une étudiante en journalisme.

 

 

Eh bien, c'est parce que babine n'est pas "toujours" employé au pluriel, mais seulement "le plus souvent" au pluriel ! Rien n'interdit de dire ou écrire : "Le molosse avait la babine frémissante". En revanche, on aura toujours le pluriel pour, entre autres,  "se lécher les babines"...

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